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meur, et vous avez jugé avec prévention les amis de l'amiral.
LA BBiiiE. — De l'humeur !... dites de llndignation ! Mab bientôt elle fit place à un saotiment d'effroi, quand je réfléchis de quelles gens nous étions entourés, à la merci de quels ennemis nous nous trouvions... (*).
LE ROI, d'un rire de mépris, — Ah, ah!
LA BBUf E. — Monsieur, mon effroi était plus pour vous et votre frère que pour moi. Toute votre dynastie était en ce moment dans les mains de ses ennemis : votre couronne, votre vie, votre héritage dépendaient de trois coups de poignards. Il y en avait là deux cents, deux mille d'aiguisés contre vous, et vous n'aviez pas dix honmies pour vous défendre.
LE B01. — J'étais là avec des serviteurs affectionnés ; et mes ennemis. . .
(Regardant .«a mère avec colère.)
LA BEI NE, baillant ta voix. — Mon intention, monsieur, n'est pas de vous offenser;... je n'ai voulu que m'excuser près de vous du mouvement involontaire qui m'a portée à vous dire que vous faisiez trop parler l'amiral; que ses médecins souffraient de l'agitation dont cette conversation était cause. Cela était une vérité... (**). Quoi qu'il en soit, pardonnez cette indiscrétion;... je vous prie de n'y plus penser...
(Le roi ne répond que d'un coup de tête, et comme fatigué de cette explication.)
LA BEINE, après un silence^ ci obsetvant la figure du roi. — Peut-être effaceriez-vous un souvenir pénible pour tous, si vous vouliez nous apprendre ce que l'amiral vous disait de si intéressant (***).
LE Boi, durement. —Que vous importent les paroles d'un homme pour qui vous avez si peu d'estime ?
LA BEINE. — Ce qui méritait d'être écouté par vous ne peut pas être entendu par nous sans intérêt.
LE DUC d' ANJOU. — S'il parlait pour votre intérêt et votre gloire, nous ne pouvons qu'en être charmés; et... s'il parlait contre nous,... il est de votre justice de nous entendre à notre tour.
(') Discoiin de Henri ill, X.
(••) idem, XI.
(•*•) idem, Xill.