LA REINE MÈRE, LE DUC D'ANJOU, LE DUC DE GUISE
L4 REINE se lève tout à coup à la vue de Jf. de Guise, et s'écrie: — M. de Guise!
LE DOC d'anjoii, en même temps, — M. de Guise!
LA BEiNP. — Grand Dieu! que venez-vous faire ici ?
LE DUC d'anjoii. — Lc roi cst furieux contre vous!
LA REINE. — n n'écoute rien, il ne veut rien entendre; son entretien avec l'amiral lui a tout à fait tourné la tète. L'amiral vous a accusé.
LE DUC d'as'jou. — H y a des ordres réitérés de vous arrêter.
LA REINE. — Des menaces affreuses!... Comment vous exposez-vous à être rencontré dans le Louvre (*)?
LE DUC d'anjou. — Vous uous avicz promis d'en sortir, et de vous tenir toute la journée chez madame de Nemours ou chez M. d'Aumale.
LE DUC de GUISE. — Jc DC suis pas vcuu ici sans précaution. Gosseins comnuûide ai^ourd*hui la garde. En ma qualité de grand maître du palais, il y a peu d'honunes au Louvre qm' ne me soient affidés. Au reste, madame {froi^ dément), je n'y suis pas venu sans nécessité.
LA REINE. — Savez-vous quelque chose de nouveau?
LE DUC DE GUISE, avcc Une fivideuT affectée^ mais pesant sur les mots qu'il dit. — Je sais que le temps presse,... que des troupes de huguenots armés et cuirassés n'ont cessé depuis midi de passer et repasser devant la maison du duc d*Aumale et la mienne, avec des figures sinistres, des gestes insolents et des paroles menaçantes... (•*).
Vous m'apprenez que vous ne pouvez rien sur la colère du roi contre moi I... (Avec amertume.) Je conçois qu'il vous serait pénible de vous exposer à la partager par un aveu qui pourtant, en changeant sa direction, pourrait la modérer; mais moi j'ai résolu de l'affronter :
(*) Mémoires de Marguerite de Valois. (••) Tavanncs, XXIX.