SCÈNE IV
LA REINE MÈRE, UN MAITRE DHOTEL, PLUSIEURS COUR lïSANS, PARDAILLAN.
UN MAiTBB D^HÔTEL. — Lc soupcr de la reine est servi.
(La reine fait signe d'approc/ter. On app*trte
la table dans une salle ouverte au fond; on
nitj voit quunsed cou^yert. Plusieurs cour-
tisons debout entrent avec les maîtres d'hôtel
pour assister au souper,)
LA REIN B. — Qu'on avertfôsc M. de Retz de se rendre dans noon cabinet après mon souper. (Avant de se mettre à table , à Pardaillan.) 11 fait, ce me semble, extrêmement chaud; le temps est lourd.
PÂBDAiLLAN, vivemcnf. — Le temps est à Forage.
LA BEI ME, négligemment. — Cela se passera.
PARDAILLAN. — Nou, uon, madame, celane se passera pas. L'orage éclatera; on nous fera justice, ou bien...
LA BEiNK, C interrompant. — Le roi ne la refuse à personne ; mais il faut le temps pour découvrir les coupables.
PARDAILLAN. — Pour uc pas Ics voir, il faut être aveugle ou avoir de bonnes raisons. Si Ton ne nous fait pas justice, nous nous la ferons
nous-mêmes 0*
{La reine mère, qui marchait vers la table, se retourne brusquement, regarde fixement Pardaillan. Tous les courtisans se retirent,)
(*} L*algarade de Pardaillan est rapportée par Marguerite de Valois en ces termes : «< Enfin , comme Pardaillant découvrit, par ses menaces an souper de la reine, ma mcre^ la mauvaise intention des huguenots,
LA PROSCRIPTION DE LA SAINT-BARTHÉLÉMY