‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 159 sur 478 · SCÈNE V. SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE V. SCÈNE II

LA REINE MÈRE, seule.

Quelle audace ! quelle assurance! Cet insolent me rend mon courage... II n'y a plus à choisir : leur mort ou celle de mon fils et la mienne; un nouveau crime est ici nécessaire , nécessaire de leur part ou de la nôtre! D faut la mort de mon fils Henri ou la leur :... si je les épargnais, je serais leur complice, je serais parricide. Il n'y a pas à balancer... Cependant nous ne pouvons rien sans Guise et son parti : cela nous met entre ses mains. Il connaît si bien l'avantage de sa position ! il est si disposé à en abuser!... Est-il donc impossible de s'emparer de Tesprit du roi , et de Tamener au sacrifice de son amiral? Si je lui montrais qu*il est dans ^alternative de consentir à sa mort ou à celle de son frère, à celle de sa mère!... si je retrouvais dans son cœur un point encore sensible pour moi!... Mais non; point d'illusion! je suis plus sûre de trouver dans son cœur de lâches appréhensions. Eh bien! il &ut les y chercher et les émouvoir fortement : oui, c'est ta propre perte, fils ingrat et cruel, qu'il faut te faire prévoir et prévenir. Je veux risquer encore un entretien avec lui, et je chaînerai de Retz de l'y préparer.

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