‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 162 sur 478 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LES MÊMBS, COSSEINS.

LB DUC d'anjou. — Siro, voilà le colonel des gardes françaises.

LB BOi , à Cosseins. — Prenez quelques soldats de votre régiment; postez-les devant la maison de Tamiral de Coligny, et qu'ils y demeurent sous les armes pour sa sûreté (*).

COSSEINS. — Si Votre Majesté ne dispose pas de moi autrement, je les conunanderai moi-même, pour assurer Fexactitude du service (**).

LB Boi. — Ce sera bien. Pour que les amis de l'amiral soient en plus parfaite sécurité, il faut ajouter aux hommes des gardes françaises, des Suisses des cantons protestants qui composent la garde du roi de Navarre (***).

(•) DeThou,XVII.

(**) Thoré avertit Coligny qu'on ne pouvait pas confier la garde de sa personne à un homme plus dangereux que Cosseins, et qu*il n'avait pas de plus cruel ennemi. De Thou , LXVUl.

O DeThou,LXVIII.

LB DUC u^ANJou , à Cosscins, — Quelques Suisses en petit nombre suffiront.

COSSEINS. — Ils ne seraient même pas nécessaires : je réponds de tout. {Ces derniers mots sont accompagnés d'un signe dUntelligence avec le duc d^ Anjou,]

LE BOi , à Comaton. — L'amiral ne trouverait-il pas convenable, pour plus grande sûreté encore, que tous ses amis vinssent se loger près de lui dans le quartier de Saint- Germain TAuxerrois (*) 1

coBRÀTON. — Sire, je crois que cette réunion ne pourrait que lui être agréable; cette attention de Votre Majesté touchera M. l'amiral jusqu'au fond du cœur.

LB B01. — C'est mon intention qu'elle lui fasse plaisir ; car, je vous l'ai dit, je ne crois pas tant de précautions nécessaires.

LE DUC D'A^Jou. — Cclle-ci sera fort utile.

LE BOi , au duc d* Anjou, — Eh bien , donnez l'ordre aux maréchaux des logis du palais de leur marquer aussitôt des logis dans le quartier... Il faut en même temps que les officiers de ville prennent la liste des amis de l'amiral, les exhortent à aller loger près de lui , et leur disent que le roi le désire ainsi (**). [Le duc d'Anjou donne les ordres nécessaires

pour l^exécutUm des volontés du roi. En

même temps le roi interroge Comaton d'un

regard sur la dernière mesure qu* il propose,

Comaton exprime par un salut son respect

et sa reconnais.%ance.)

LE Boi, à Cosseins. — Colonel , je vous charge expressément d'empêcher aucun catholique d'approcher du quartier de M. l'amiral; et s'il s'en présentait quelques-uns, j'ordonne qu'il soit fait main basse sur eux : entendezvous (***)?

COSSEINS. — J*entends, sire; vos ordres seront exécutés.

LE DUC d'anjou , bas à Cosseins, en lui serrant la main. — Mon cher Cosseins, voilà nos ennemis devenus vos prisonniers. Je compte sur votre fidélité.

COSSEINS, bas. — Comptez-y, monseigneur.

(// se retire,)

(•) De Thou, XVII.

(••) Idem, XVII.

(•••) Idem, XVII.

LA PROSCRIPTION DE LA SAINTBARTHÉLEMY

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