‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 165 sur 478 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LE ROI, LE DUC D'ANJOU, LA REINE MËRE ensuite.

LB Boi, sérieusement. — La reine ma mère m'a fait prévenir par de Retz qu'elle avait à me parler f *). Vous savez, sans doute, le sujet de sa visite; car tout le monde s'entend ici, tout conspire contre mon repos , et peut^tre contre mon autorité. (S' adressant à la reine, qui entre.) Venez-vous encore me parler pour cet assassin de Guise?

LA BEiNB. — Non, monsieur.

LB ROI. — Que voulez-voust

LA BBiNE. — Je viens vous déclarer ses complices.

LE BOi. — Ses complices !

LA BBiNK. — f^s livrer, les mettre entre vos mains.

(EUe prend le duc d* Anjou par la main.)

LB BOi, avec un étonnement mélè d'effroi.— Je vous entends. .. (Long silence.) Eh bien ! vous venez défier mon indignation?

LA BBiNB, avec respect. — Je viens implorer votre justice.

LB Boi — Ma justice ! Ce mot ne vous fait pas trembler !

LA BBiNB, d*un ton suppliant. — Votre clémence, votre bonté pour une mère désolée, votre amitié pour un frère malheureux...

LB Boi. — Le plus malheureux de nous, c'est moi, c'est moi I

LA BEiNE, vivement. — Oui, sire, c'est vous; et c'est à votre anxiété que nous avons voulu mettre un terme. L'assassin du père du duc de Guise...

LE BOi. — Encore l'assassinat du duc de Guise!

(*) Pierre Mathieu dit que le roi les reçut mal, et ajouta à sa réponse de la morgue et des rides. Mais je ne puis retrouver le livre où j*ai lu les derniers mots que, sur la foi de ma mémoire, je place à la fin de la réponse du roi : Je saurai bien vous retrouver.

(**; Discours de Henri 111, XVl.

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