‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 176 sur 478 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

{Onse heures et demie du soir; les lumières sont éteintes.)

LA REINE MÈRE, seule, un bougeoir à la main (**).

Que se passe-t-il chez le roi? Je suis dans une inquiétude mortelle. Est-il seul? avec qui a-t-il fini la soirée? quels conseils a-t-il reçus les derniers? a-t-il changé de résolution? hésîte-tril?... Son valet de chambre m'a promis de m'instruire du moment où il aurait fermé ses rideaux; nous approchons de minuit, et il n'est pas venu ! (Elle regarde une pendule.) Non, il n'est encore que onze heures et demie. . . Que la patience m'est difficile! Les mesures concertées ce soir au jardin des Tuileries m'épouvantent (***), et j'ai aussi peur de leur insuffisance que de leur succès; j'en crains autant les retards que les approches; je redoute également la révocation des ordres et leur exécution..^ Cependant ma pauvre Marguerite, que je viens d'envoyer si durement coucher dans la chambre de son mari, et qui va se trouver entourée de meurtres ! Ah ! pourquoi tiens-je à la vie?... Mais non, je défends mes fils, l'État, la puissance royale... Point de faiblesse, point de lâcheté... Je vois Berteaux.

(*) Tavannes parle à plusieurs reprises des hésitations de la reine mère, XLVl, LV.

{**) De Thoa, XXXYIII.

(***) Ce fut là , dit de Thoa , qu'on prit les dernii^res mcsurts pour rcirculion du complot, XXI.

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