DE RETZ
LB DUC d'anjou. — Nous vcuous rendre compte au roi des mesures concertées, et prendre ses derniers ordres (**).
LA BBiNB. — Ainsi, M. de Guise se charge toujours de l'exécution du projet? (Au due de Guise.) Il s'est bien étendu depuis sa première conception! »
LB DUC DE GuisB. — Jc prcnds tout sur moi, madame; je me charge de Pambal et de son voishiage, et du Louvre, pourvu que MM. de Montpensier, de Nevers, de Tavannes et de Retz se chargent des autres quartiers de Paris (***), et surtout que le roi me l'ordonne : car,
C) Tout ce que Berteaux rapporte de Tentretien du roi avec le comte de la Rochefoucauld est copié littéralement dans les Jfànoires du gieur de Mergey, gentilhonune champenois qui était attaché à la Rochefoucauld et le suivait partout. Ces Mémoires foui partie de la collection générale pour servir à l'histoire de France y publiée avant la Révolution. « Le samedi, vigile de la Saint-Barthélémy, dit Mergey, M. le comte, selon sa coutume, estant demeuré le dernier en la chambre du roi, et se voulant retirer, un gentilhomme des siens et moi l'attend ions en la salle ; et entendant le remuement des souliers quand on fait la révérence, je m'approche près de la porte, et entends que le roi dit audit sieur comte : • Foucault, ne t'en va pas, etc. »
(**) D'Aubignc.
(•*•) DeThou, XXIII, LU, LXVI.
jusqu'à présent, il ne m'a montré que de Panimadversion.
LE DUC D*ÀKJ0U , au duc de Guhe. — Soyez sûrqu'il vousdonnerason approbation. (A tous.) Messieurs, tout va bien; nous avons parcouru la ville, M. le chevalier d'Angouléme et moi. Nous avons répandu que le roi faisait venir le connétable de Montmorency avec des troupes (*). Cela a produit deux bons effets : le premier, de rassurer les protestants; le second, d'irriter les catholiques du parti de Guise. (Au duc de Guise.) J'ai vu M. le cardinal de Guise et votre oncle d'Aumale; je leur ai demandé la liste des personnes dont ils croyaient bon de se défaire, afin de veiller 'avec une attention particulière à ce qu'elles n'échappent point (**).
ta DUC DE GUISE. — Mcs amis sont maintenant aussi agités que ceux de Coligny. Il s'agit, pour les premiers, de ma vie, comme d'un doigt de Coligny pour les seconds. Ils se cherchent, ils s'arment, ils se trouveront prêts au premier signal. J'ai prévenu Marcel que son zèle serait bientôt mis à l'œuvre. J'ai insinué à plusieurs capitaines de troupes bourgeoises que je comptais sur elles pour ma défense, si le parti de Coligny osait entreprendre quelque chose contre moi, fût- il soutenu du connétable et de ses troupes C*). Le prévôt des marchands et ses principaux officiers de ville doivent se trouver ici à minuit, pour recevoir l'ordre. Mais, pour l'expédition de l'amiral et du LouvTe, j'ai besoin de troupes réglées ; le secret et la ponctualité sont nécessaires pour le commencement de Topération (****). {A Tavannes et autres.) L'exécution de Paris ne commencera que quand celle du Louvre. sera assurée r***).
O De Thon, XXV.
(^) Le Laboureur, passage déjà cite du discours concernant Henri III , imprimé dans les Mémoires de TEstoile.
(•**) De Thon, XXXIV et XXXV.
(****) DeThou dit que les gardes massacraient les protestants de quelque distinction , amis des Guises pour la plupart, pendant que les échevins et les officiers des compaf^nies bourgeoises massacraient et pillaient dans Paris, LXVI.
(****♦) Deux signaux successifs étaient convenus : l'un devait être donné par la cloche de Saint-Germain l'Auxerrois, qui sonnait ordinairement à deux heures ; l'autre par l'horloge du Palais, une heure a\'anl le