‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 181 sur 478 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LR8 MiMBs, LE DUC D'ANJOU.

LE DUC d' ANJOU. — Uuc partie des protes-

mander justice au roi de M. de Guise ; et si on ne la leur faisoit, ils se la feroient eux-œcmes. »

{*) Les Mémoires de Marguerite prouvent que Nancey veilla en effet à sa sûreté.

C*) Le conunentateur de TEstoile, 1. 1, p. 53, aux notes, s'exprime ainsi : « Les gentilshommes et capitaines réunis près du roi de Navarre sont aussi massacrés. On les appeloit, et on les faisoit descendre l'un après l'autre dans la cour, et là on les poignardoit. » De Thou raconte le même fait avec quelques différences, LIX.

(•**) Tavannes, LV.

(••*•) Idem, XLVI.

(*••••) Idem, XLV.

rs

LA PROSCHIPTÏON DE L.V SAINT-BARTHÉa.EMY.

tants est furieuse. Le vidame de Chartres^ Montgominery^ Pardaillan, sont obstinément restés au faubourg Saint-Germain (*) : ils ont été bien aises d'avoir la rivière entre eux et le Louvre. Mais les autres ont pris, comme des moutons^ les logis qu'on leur a marqués dans le quartier Saint-Germain TAuxerrois, tout près du Louvre. L'amiral a éprouvé une satisfaction parfaite en apprenant l'investissement de sa maison par la garde de Cpaseins; et le roi de Navarre a rassemblé autour de lui au moins soixante genUshommes de confiance dans son appartement, par le conseil du roi (••).

TAVANNBs. — On Ics trouvera*là; cela dispensera de les chercher.

LB DUC d'anjou. — Uuc chosc admirable^ c'est que c'est la faiblesse et la bienveillance du roi pour les huguenots qui les met sans défense entre nos mains ! Le doigt de la Providence est ici bien marqué.

LE pue DE GUISE. — Téliguy est aussi aveugle que son beau-père; il a constamment repoussé tous les conseils qui les pressaient de quitter Paris.

ts DUC d'anjou. — Leur aveuglement est une faveur du ciel envers nous.

LE DUC DE GUISE. — C'cst tout Simplement une obstination du beau-père et du gendre dans les bons principes de Tart du courtisan : ils savent qu'il ne faut pas s'éloigner de la cour si Ton y veut conserver la faveur. Ceux-ci ne laquitteront qu'en perdant la vie.

T4VANNES. — Le roi de Navarre et le prince de Condé y sont pris aussi (***). Gomment le roi ne les tromperait-il pas ? il se trompe luimême : il les croit ses amis , il les traite comme tels. Il n'aurait pas si bien réussi, s'il avait arrêté de longue main un plan de perfidie et de trahison. La feinte du roi Charles n'eût pu être telle que la vérité. Nul conseil de si longue haleine ne se cèle à la cour (****).

LE DUC DR GuisK. — On m'aiinoncc les commandants militaires et les gens de l'hôtel de ville.

n De Thou, LXIl.

(•*) Mémoires de Mergey. — Mémoires de Marguerilo. — DeThou, LIX. en DeThou,XXetXXVII.

(*•**) Tavannes, copiô iilUTalement, Xl.l.

LE DUC d'anjou. — Puisquc M. de Guise doit paraître seul dans cette affaire, comme grand maître du palais, je vais entrer chez le roi et vous annoncer.

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