SCÈNE Vf
LES MEMES, EXCEPTÉ LB DUC d'aNJOU; LË
PRÉVÔT DES MARCHANDS, fl/coiwpa^ de quelques municipaux et île MARCEL, entrent y et se rangent (Tun celé; les cornmandants des Suisses catholiq»ies et quelques colonels de troupes françaises se rangent de l^autre.
LE DUC DE GuisR, aux Commandants et eolonels. — Messieurs, le roi, informé de la conspiration de Coligny et de son parti contre Sa Majesté et sa famille, a résolu de prévenir leurs attentats. Le temps est venu de punir ce rebelle et d'exterminer ses partisans... Mettez à profit une si belle occasion de terrasser les ennemis du royaume ; la victoire est aisée, et il ne tient qu'à vous de vous enricJiir à peu de frais, et sans courir aucun risque, d'un butin considérable^ et qu'on vous abandonnera conune une récompense due au courage et à la fidélité que vous aurez témoignée dans cette rencontre ('). Vous allez ranger vos troupes sur deux haies, à partir du haut de Tescalier du Louvre jusqu'au logement de Tamiral, et vous envelopperez tout le quartier où ont été logés hier les calvinistes. Vous attendrez là mes ordres sous les armes. — Agissez sans bruit; point de mouvement inutile; profond silenee. Vous empêcherez de sortir du Louvre, de la maison de l'amiral , et des maisons voisines. Cosseins, Besme, Sarlabous, Attin et Pétnicci (**), c'est à vous que j'ai réservé l'honneur de frapper l'amiral. Je vous donnerai des ordres particuliers. Vous m'attendrez à la sortie de cette salle. (/^ duc de Guise se tourne vers le prévôt des marchands.]\ous avez entendu, messieurs, les volontés du roi. Sa Majesté vous
C) De Thou, XXIX, copie littéraie.
(**) Noms des cinq meurtriers qui entrcrenl cuirassés dans la chambre de Coligny pour l'assassiner. Ce fut Besme qui lui porta le coup mortel : ce Besme avait été domestique de la maison do Guise. De Thou,