‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 190 sur 478 · LXIX. M. de Guyse suit en vain Montgommery · texte numérisé non relu

LXIX. M. de Guyse suit en vain Montgommery

qui se sauve du faubourg Saint-Germain en Angleterre.

LXX. Les marescbaux de Montmorency et Dampville estonnez s'abaissent, recherchent leurs amis, évitent le péril. Leur maison estoit soupçonnée des intelligences huguenottes.

LXXI. Plusieurs villes du royaume tuent non sealement des chefs et factieux , comme il leur avoit été mandé , ains se gouvernement en ceste effrénée licence parisienne.

LXXII. Ce coup faict, la colère refroidie, le pénl passé, l'acte paroist plus grand, plus formidable aax esprite rassis; le sang espandu blece les consciences. L'exécution de l'acte avoit occupé les entendemens, tellement qu'ils vascilloient aux prétextes pltsieurt fois changez, selon les occurrences, monstre qu'il n'y avoU rkn deprémédUé, et descharge les huguenots de l'accusation de l'entreprise à eux depuis imputée.

LXXlli. lies premières lettres du roy contenoieat aux princes étrangers et ambassadeurs que la blessure de l'admirai avoit été commise par ceux de Goyie, ses ennemis. Le stile en est changé après le meurtre général des huguenote , les mesmes villes et ambassadeurs advertis par le roy que c'estoient ceux de Guyse qui avoient faict ce massacre ; bruit qui eust continué, si lesdicto sieurs de Guyse, plus fins, co* gnoissans le tems que leur refus ne pouvoit retardar l'exécution jà acheminée, n'eussent dit et publié que ce n'estoit eux , ains Sa Majesté, qu'ils supplioient œ les vouloir mettre en butte à tous les hérétiques de la chrétienté.

LXXIV. Que puisque Sa Majesté en avoit peur, à plus forte raison les devoientrils craindre. Ce conseil rassemblé, la foy violée , l'hymen arrosé de sang, oontrainct d'inventer un troisième mensonge. Les huguenote sont accusez d'avoir voulu tuer Leurs Majestés, dont la force n'avoit donné temps ny moyen d'user de la formalité de justice, avoit contraint de la superséder jusques après l'exécution, pour mieux prévenir la leur ; qu'il n'y avoit danger de mentir en les accusant, puisqu'on ^entreprise de Meaux ils avoient feint que l'on eust entrepris sur eux, pour prendre le roy. Sa Majesté advoue l'acte assis en sa cour de parlement.

LXXV. L'admirai traisné, pendu à Montfauoon par les pieds, sa teste envoyée à Rome, les processions générales se font.

LXXVI. Le sieur de Tavannes sépare les quartiers de la ville à plusieurs seigneurs par le commandement du roy, pour faire cesser le meurtre et le pillage. Briquemault et Cavagnes pris, liberté leur est promise, s'ils avouent avoir voulu entreprendre confre le roy; eux (bien avisez) le nient, sachans que puisqu'il falloit mourir, il valoit mieux que ce fust sans mentir, que essayer par artifices à sauver ce qu'il falloit perdre : ils sont pendus en Grève. C'est Dieu qu'il faut appaiser ; esteignant les troubles, s'en allument d'autres.

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