LVII. De peu de catholiques parisiens advertis, il
(i) Ton» les écrits d« temps »*accordent à dire que le roi alla Wsiter Paroiral le vendredi, jour de la biMKirc de celui-ci. Le diniaurhe, Coligny uVsi&rait |)lu«.
ÉCRITS JUSTIFICATIFS
en manque la moitié , tant la crainte a de pouvoir, nonobstant Tautorité du roy, qui commaudoit les armes.
LVin. M. de Guyse est envoyé quérir, sous prétexte duquel est résolue l'exécution ; il luy est permis d'aller tuer l'admirai, ven^r la mort de son père.
LIX. 11 y court, y arrive devant jour , enfonce les portes avec les gardes de Sa Majesté.
LX. L'admirai cognoit sa mort, adverty que c'es* toient les gardes du roi qui l'attaquoient, admoneste ses amis de se sauver, qui montent sur les toits; quelques Suisses tué« à l'abordée. Besme, Haultefort, Hattain, trouvent l'admirai sur pied , en l'appréhension de la mort Les admoneste d'avoir pitié de sa vkUletse ; se sentant leurs espées glacées dans son corps , il prolonge la vie.
LXI. Ennbrasse la fenestre pour n'estre jette en bas, où, tombé, il assouvit les yeux du fils dont il avoit fait tuer le père.
LXII. Le tocsin du Palais poinct avec le jour; tout se croise, tout s'esmeut, tous s'excitent et cherchent colère ; le sang et la mort eurent les rues en telle horreur, que Leurs Ifajestés mesme , qui en estoient les auteurs, ne se pouvoient garder de peur dans le Louvre.
LXllI. Tous huguenots indifféremment furent tuet, sans faire aucune défonce. Jesauvay la Neufville, Béthune, Baignac, et ayday fort à La Verdin.
LXIV. Les gentilshommes et capitaines oouchea en la chambre du roy au Louvre en sont tirez et tuez; deux catholiques parmy eux, pour ne vouloir marcher à la mort, s'exemptent, n'ayans perdu l'entendement.
LXV. Le roy de Navarre et prince de Condé craintifs, après avoir essayé de parler à moy, qui ne leur osay respondre, et de quoy Sa Majesté s'est bien souvenue depuis à mon préjudice, sont menez an roy. Il leur propose la messe ou la mort, menace le prince de Condé, qui ne se pouvoit feindre.
LXVI. La résolution de tuer seulement les chefs est enfreinte ; plusieurs femmes et enfante tuez à la furie populaire, il demeure deux mille massacrez. Le sieur de Tavannes sauve le maréchal de Biron, soupçonné (sans subject) de favoriser les huguenote, par l'advis qu'il luy donne de se sauver dans l'Arsenal.
LXVII. BIM. de Guyse (en exemptant d'autres) sont calomniez de ne vouloir l'extinction du prétexte des armes.
LXVIII. Le sang s'estancbe, le sac s'augmente; le seul sieur de Tavannes a les mains nettes , ne souffrant que ses gens prennent aucune chose. Ceux de M. d'Anjou pillent les perles des étrangers; Paris semble une ville conquise, au regret des conseillers , n'ayant esté résolu que la mort des chefs et factieux. Au contraire , tous huguenote , femmes et enfante, sont tuez indifféremment du peuple, ne pouvant le roy ni lesdite conseillers retenir les armes qu'ils avaient débridées.