ACTE II, SCÈNE IL
(B) Nevers. 13 déotmbre 1&76. • Le roi oommanda en particulier d'aucuns gentilshommes de faire qu*en leurs provinces, auprès de leurs états, qu*ils demandassent une seule religion. » En leurs provinces, auprès de leurs états, signifie dans les assemblées des députés de la noblesse de leur province, parée que, comme on l'a vu, les députés se rassemblaient particulièrement par provinces.
(C) Cest à répoque des premiers états de Blois que l'on commença à parler des mignons, et que ce mol trotta, dit Bodin, dans la bouche du peuple. On distinguait trois classes : les mignons de couchette, les mignons delà chambre, et les mignons moins favorisés. Les deux premières classes étaient distinguées par une fraise semblable à celle que portait le roi , et, à table, par un cadenas, c'est-à-dire par un coffret fermant à clef, qui contenait des assiettes, des couteaux et des fourchettes.
Le roi de Navarre ayant appris en Gascogne Tassassinat de Saint-Mégrin , tué par vingt ou trente h<»ii]iW8 qu'on crut être affidés du duc de Guise, dit : « Je sais bon gré à mon cousin le duc de Guise de n'avoir pu souffrir qu'un mighon db couchette le fit cocu. » (Journal de L'Estoile, sons la date du 21 juillet 1668.) Sur les mignons en général, voyez l'/Za des HermapkrodUes^ p. 13.
(I>) Catherine explique le véritable but de la convocation des états. La cour les a appelés pour provoquer la guerre, et la provocation à la guerre a eu pour but d'obtenir de Targent et de ravir au duc de Guise la confiance publique que le roi et le duc lui-même croyaient être attachée au zèle dont le prince lorrain faisait étalage pour le cuite catholique.
(E) Cette anecdote est rapportée par TEstoile, sous la date du 23 janvier 1679. Ainsi il y a id anachronisme de deux années. Voici comment s'exprime TEstoile : « Le roi y prit (en l'église de Chartres) deux
• chemises de Notre-Dame, une pour lui, l'autre pour
• la reine sa femme ; ce qu'ayant fait, il revint à Pa-
• ris coucher avec elle, dans l'espérance d'avoir un
• enfant par la grâce de Dieu et des chemises, dont
• il étoit incapable par la v qui le mang^it et les
• lascivetés qui l'énervoient. »
{F) L'Estoile, 1 676. • En ce temps n'étoit tenu pour « bon courtisan, qui disoit le roi. Mais falloit dire « Leurs Majestés, à la mode de la cour. Sur quoi par « dérision fut fait le sonnet des Majestés. • • Henri III, dit le commentateur, quelque temps après son retour de Pologne, établit un nouveau cérémonial de cour et de nouvelles manières de grandeur. Il fit mettre des balustres autour de sa table, ne sortait que rarement, presque toujours enfermé avec ses favoris, et passait des journées entières à disputer sur la découpure d'un habit. Il fit un règlement pour ceux qui devaient entrer dans sa chambre, dans son cabinet, et à quelles heures, et prescrivit un ordre pour le service de sa bouche. A ces règlements il ajouta les termes propres dont il voulait qu'on se servit lorsqu'on parlait de sa personne ; et pour lui faire sa cour il ne fallait point
dire le roi, mais Leurs Blajestés. » Le r^lement dont parle le commentateur était fort étendu. 11 fait le fond de celui de Louis XIY en 1687, lequel se trouve dans l'état de la France de 1736. On en trouve des fragments dans le recueil manuscrit de Saintôt qui est à la bibliothèque de llnstitut; P. Mathieu en a aussi imprimé une partie ; mais le règlement entier ne s'y trouve pas, et les recherches que j'ai faites pour le découvrir ont été inutiles. Toutes les biblioûièques ont été dépouillées des documents qu'elles renfermaient concernant le service intérieur de la maison du roi, lorsqu'il a été question de composer l'étiquette impériale pour l'empereur Napoléon. Ces pièces se retrouveront dans les bibliothèques des grands officiers, à l'ouverture de leurs successions. C'est dans les inventaires qui suivent les décès, que se retrouvent journellement des livres égarés de la bibliothèque du Roi et autres bibliothèques publiques.