ACTE m
\x II fera sentir au roi de Navarre que le vœu « manifesté par les états ^ pour la réunion des a Français en une seule religion , ne permet a pas au roi de maintenir plus longtemps Tédit « de pacification^ dont ceux de la religion ont « abusé ; qu'en signant cet édit , le roi avait eu a pour principal motif la paix générale; mais a que son intention avait été trompée par les « huguenots, qui ont renouvelé les troubles.
a H représentera au roi de Navarre que Sa « Majesté, en rentrant dans sa conscience^ n'a « pu se dissimuler qu'à son sacre elle avait fait « le serment solennel d'ôter l'hérésie de son a royaume (*) ; qu'en signant Tédit de pacifica- « lion y elle était contrevenue à ce serment^ ce « qui rend Tédit nul et de nul etfet.
« Du reste ^ il emploiera tous les raisonne- « ments qu'il croira propres à toucher le roi a de Navarre , et tous les moyens d'émouvoir « qu'il pourra tirer de l'intérêt de la paix géa nérale , de la réunion de tous les esprits^ et o des dangers auxquels la guerre exposerait la « personne du roi de Navarre^ sa couronne, a et ses droits éventuels au trône de France. »
ts Boi. — Ces instructions ne répondent pas complètement aux intentions que j'ai précédemment exprimées (**). { Avec humeur.) J'ai appris que M. de Bellièvre avait cru hier signaler une haute prudence et une sagesse supérieure^ en disant à la reine ma mère, déjà trop disposée peut être à penser comme lui , d'aviser aux paroles que j*ai proférées hier au sujet du roi de Navarre, savoir : que le serment fait à mon sacre m'interdisait tout engagement contraire, annulait même ceux que j'avais contractés, et ceux que je pourrais contracter à la suite ; enfin , que celui auquel j'avais souscrit était contre mon intention. On craint, dit-on , que par ces paroles je ne vienne à fermer la porte à toute capitulation et à tout traité, même avec des princes étrangers. Certes, voilà d'étranger discours! [Avec véhéMence.) Ils s*ac* cordent bien avec la fausse assurance qui me fut hier donnée de l'éloignement des députés pour la guerre, et du témoignage que Yersoris devait m'en apporter de leur part. Versoris a démenti cette fausseté en m'assurant hier, comme orateur du tiers état, et à la tête de sa
(•) Nevers, 29 décembre 1576.
(••) Nevere, 24 décembre 1576.