‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 240 sur 478 · SCÈNE ÏV · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏV

députation , que les états voulaient la réunion des cuites à tout prix, absolument et sans condition. Prétend-on que je transige avec l'hérésie, ou du moins que je me réserve le droit de le faire, quand la nation entière me rappelle mon serment du sacre , et déclare qu'elle ne tient compte de Tédit de pacification ? Se promet-on d'enchaîner mon zèle , de ternir mon renom de catholique fidèle, de glacer l'ardeur de la nation au moment où elle se prépare à voter des subsides pour faire une guerre vigoureuse à l'hérésie? Ce que j'ai dit, je veux le répéter solennellement devant le conseil , mal* gré le blâme dont on s'est permis de le couvrir. Oui (// élève la voix et prend un ton «olennel) (*), oui, je veux que l'on sache la résolution que j'ai prise de ne permettre autre culte que la religion catholique romaine, selon que je l'ai juré à mon sacre, solennellement, devant le corps de Jésus-Christ, que je pris sur l'heure devant Monsieur, devant le roi de Navarre lui-même, et tant de pairs et de peuple. Je déclare que je n'ai consenti au dernier édit de pacification que pour ravoir mon fi^re, chasser les reîtres et forces étrangères de mon royaume, espérant aussi que cela y ramènerait quelque repos ; mais en intention de remettre ladite religion en son entier le plus tôt qu'il se pourrait , comme elle était du temps des rois mes prédécesseurs. Et, pour conclusion, je veux faire savoir à tous que j'entends ne pouvoir plus m'obliger à autre serment que celui du sacre, ni m'engager par aucun que je puisse faire à l'avenir au contraire d'icelui, afin de ne laisser aucune espérance d'appointement ni transaction sur le fait de la religion, n'en voulant plus aucune, mettant ma confiance dans Taide de Dieu et de tous mes fidèles sujets et serviteurs, et voulant décourager ceux qui jusqu'à présent ont nagé entre deux eaux, et les détourner de tenir ce chemin à l'avenir. Je veux et entends que cette résolution soit positivement exprimée dans les instructions du député qui ira vers le roi de Navarre.

LA REINR MBRR, LE DUC DE NEVEBS , LE MA- RÉCHAL DR COSSé, LK DUC DE BIRON, DE CHEVBR- WI, DE M0RV1LL1ERS, DE NIGOLAÏ, MAUGIRON ,

approuvent y par des exclamations unanimes ,

(•) Tout ce discours est lilléral; voyez la note T.

LE BUDGET DE HENRI UI

le discours du roi. On n'enteTid que ces paroles mêlées: — Sainte résolution! vertueuse cha« leur I admirable zèle ! courage salutaire , détermination sublime ! royale et sainte entreprise! explication décisive ! Nous jurons tous de seconder ce pieux dessein; nous le jurons ; je le jure, je le jure, je le jure !

DE BBLLiÈvBE. — La solcmielle déclaration de Votre Majesté la met désormais au-dessus de tous les dangers et de toutes les inquiétudes que le passé permettait de concevoir.

LK BOi , dédaigneusement à M. de Bellièvre. et souriant. — Je Tai dit à Cheverni : il ne manquait à mon opinion, pour avoir votre assentiment, que d'être un peu plus fortement exprimée, et j*étais sûr que vous seriez des premiers à m*approuver et à me seconder {Bellièvre sa» lue); oui, j'en étais sûr (*). {À la reine mère.) Il me reste à écrire particulièrement au roi de Navarre pour appuyer les instructions de Bir ron. Je vais lui écrire de bonne encre, et n'épargnerai pas les paroles propres à lui faire entendre les sentiments que je viens d'exprimer.

{Le roi congédie le conseil iPum signe de tête.)

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