LE ROI, DE SAULVES, MAUGIRON, SAINT- MÉGRIN
h%v.o\yàde Saulves, » Voyons l'extrait des dépêches.
DE SAULTEs, Ht. — a Lcs huguenots viennent « de déclarer une contre-ligue, composée du et roi de Navarre, du prince de Condé^ du ma- « réchal de Damville. Le prince de Condé en est « lieutenant général, sous la direction du roi a de Navarre. Dans cette ligue sont entrés les
(*) Voyez la note AA,k\à suite du quatrième acte. (**) Voyez la note BB, à la eoite du quatrième acte.
a rois de Suède et de Danemark, les Ailea mands et la reine d^Angleterre. Cette noua velle refroidit beaucoup les gens qui étaient <c disposés à entrer dans les associations, d LE BOf . — Qui m'écrit cela?
DE sAULVEs. ~ La lettre est signée Barville. LE Bor% — D ne me vient de là que de mauvaises nouvelles. Continuez.
DE sAULVEs. — J'ai la douleur d'apprendre à Votre Majesté la prise de Loudun.
LE BOi. — Bicoque ! Une autre.
DE SAULVEs. — Il m'est pénible d'apprendre à Votre Majesté»..
LE Boi, avecimpatience. — Faites-moi grâce des préambules. N'avez-vous pas pris note de toutes ces lettres en abrégé?
DE SAULVES. — Si VoU*e Majesté veut entendre rétat général des invasions faites par les huguenots depub le mois de décembre jusqu'à ce jour ^ fcvrier, je Fai en mains.
LE Bor. — Lisez, que je voie où j'en suis. DE SAULVES. — « 30. décembre. PlusieuTs <x villes prises en Poitou, a Marmande, près de Bordeaux.
a 18 janvier. LaRéole^ près de Limoges. « 19 idem. Cap en Dauphiné.
et 28 idem. Conques en Bretagne.
a 26 février. Loudun.
cr Id. La Charité.»
LE BOf^ interrompant. — C'est assez.
DE SAULVES. — Ils ont^ dc plus^ leurs places de sûreté : la Rochelle et Montauban.
LB Boi^ avec impatience. — Je sais cela. DE SAULVES. — En uu mot^ ils ont presque toutes les villes et places du Poitou^ de la Saintonge, de la Gascogne^ du Dauphiné et du Languedoc.
LE Boi, avec humeur. — C'est assez, m'entendez-vous? ( Un moment de silence et de réflexion)... Ces huguenots {ton de mépris), i^ ne dort ni jour^ ni nuit. Le Béarnais^ avec son petit royaume, n'a rien à perdre à la guerre, rien à gagner à la paix ; ça n'a ni afTaires ni plaisirs : il lui faut une petite armée en campagne pour fûre du bruit avec ses tambours... Élevé comme un miquelet ! ça ignore ce que c'est que de vivre, n'a pas la plus légère idée de ce que c'est que de régner. Cela couche sur la dure; cela dort à cheval, et fait l'insolent ! sAiNT-MBGBiif. —H cst Certain qu'il n'y a pas là l'étoffe d'un roi. Qu'est-ce qui le distingue