‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 253 sur 478 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LE ROI, LA REINE DE NAVARRE, les FAVOBIS dans le fond.

lb bok — Voilà une lettre de votre mari. Voyez ce qu'il vous écrit,

[La reine de Navarre lit sa lettre.) H vous demande pour la seconde fois... Il ne veut pas venir aux états... (A part.) Ma lettre pourra le faire changer de résolution.

la beine de navabbe. —Votre Majesté, j^ose l'espérer, daignera considérer ma situation. Quitter votre personne, la reine mère. Monsieur mon frère, pour aller dans un camp ennemi!

LE BOI. — Mais vous êtes dans le camp en* nemi relativement à votre mari I Dans lequel des deux camps ennemis est votre place?

LA BEINB DE AAVABBE. — EUc U'CSt Ui danS

run ni dans l'autre : je serai suspecte à celui des deux où |e resterai , et odieuse à celui dont je serai éloignée. Un voyage à Spa me

semblerait plus convenable. J'irais avec la princesse de la Roche-Guyon, qui a besoin des eaux de Spa. Je pourrais vous y être utile, en observant ce qui s'y passe. La haine pour l'Espagne y est fort exaltée. Monsieur pourrait trouver là des chances favorables, et je pourrais les lui ménager ou l'y seconder... s'il venait lui-même.

LE BOI. — Je ne rejette point cette idée. Nous en reparlerons. Mais, en ce nx)ment, il se pourrait que j'eusse besoin de vous auprès de votre mari... Gardez-moi le secret sur cette confidence; demain je pourrai vous en dire davantage. Je compte que vous vous prêterez à ce qu'exigera le Ûen de mes affaires.

(La reine de NafHirre se relire.)

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