‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 262 sur 478 · LES MÊMES, LES CARDINAUX DE BOURBON, D'ESTE ET DE GUISE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LES CARDINAUX DE BOURBON, D'ESTE ET DE GUISE

(Les personnages s'asseyent en conseil.)

LE BOi. — Messieurs , nous parlions de Tinsuffisance de mes moyens en argent et en bommes pour faire la guerre aux hérétiques. Vous ne serez pas de trop à cet entretien. Monsieur de Nevers, dites-nous votre avis.

LE DUC DE NEVEES. — Ou pCUt SCCOUCr tOUS

les embarras de détails , enjamber sur toutes les petites difficultés de finances et autres , si l'on veut exciter la noblesse , comme on le fit au temps de saint Louis. Elle s'enlèverait comme d'elle-même; elle irait droit à l'ennemi d'un commun élan, comme firent nos pères quand ils se croisèrent pour la terre

(*) Nevers, 2 février 1677. « L'od a trop parlé au conseil des deniers des associations ; car cela cause de faire retarder les volontés des personnes, de les lever pour les associations ou d'y contribuer, de peur qu'on ne les prenne. » Voir la note DD , à la suite du cinquième acte.

sainte. ( Avec feu. ) C'est la tnême cause qu'il s'agit de soutenir : c'est Dieu (avec véhémence), c'est Dieu qu'il s'agit de faire triompher de ses ennemis. Le roi saint Louis , après avoir perdu une bataille dans la terre sainte contre les Sarrasins, ne perdit pas le courage d'y retourner au sortir de sa prison (*).

LA BEINE MÈBE, gaiement. — Conunent, mon cousin, vous voulez nous envoyer faire la guerre au Grand Turc (**)! (Sérieusement^ mais avec douceur. ) Si saint Louis et d'autres prédécesseurs de ce roi ont été à Constantinople pour la religion , c'est que leur royaume était en paix; s'ils eussent été dans la situation du roi , ils seraient restés chez eux pour y pacifier les troubles {*'*).

LE CABDiNAL DE BouBBOff . — Madame , il s'agit de Dieu et de son Église.

LE cabdinàl d'esté. — Oui , de la sainte Église catholique, apostolique et romaine!

LE CABDiiiAL DE GUISE. — Dc l'Églisc, madame, et de la religion de l'État.

LA BEINE MÈBE. — 11 u'y a ricn de plus vrai, messieurs: mais, encore une fois , les moyens?

LE DUC DE NEVEES. — Bicu faire, et laisser à Dieu à faire le reste.

LE CABDINAL DE BOUBBON. — Nc pBS s'arrê-

ter aux forces humaines; et Dieu donnera cœur et force à ceux qui combattront ses ennemis, et fera qu'un seul catholique vaudra six huguenots {****).

(La reine mère sourit avec dédain et féausxe les épaules.) LE CABDINAL d'este. — Lcs bénédictious du saint-père sont assurées à une si glorieuse entreprise. Son légat offre quarante mille écus, et le saint-père six cent mille livres.

LE CARDINAL DE GUISE, ^VCC affectotion.

Le roi pourrait se procurer de grandes ressources en se confiant au zèle , au talent et au courage de grands et illustres catholiques tout

f) Extrait, en partie littéral, du discours de Nevers au conseil du 28 février 1577.

(•*) Nevers, suite de la séance du conseil du 28 février 1677. « La reine mère, bien aise après s'être levée pour aller promener, me dit en riant : Comment^ mon cousin, vous vouUez nous envoyer en Constantinoplein

(•") Nevers, 28 février 1577.

(*•*•) Ibidem.

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