‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 263 sur 478 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

dévoués à la cause de la religion. ( Le roi regarde le cardiryil d'un œil pénétrant^ et prend un air d humeur.) J'en connais qui font du pis qu'ils peuvent parce qu'on se défie d'eux , et qui feraient merveille si on les laissait agir avec confiance f).

LA BEiNB MÈfiB^ après ovotr remarqué VhU" meur du roi, prend vivement la parole (**). — J'ai été la première à conseiller une seule religion^ et à dire qu'il était bon de se servir des états pour y ramener la France. J'ai pratiqué les députés des trois états pour les porter à demander la guerre , quoiqu'ils dissent qu'ils n'avaient pouvoir de ce faire par leurs cahiers. Depuis seize ans^ j'ai plusieurs fois hasardé ma personne contre les huguenots : la vie est pour moi peu de chose; j'ai cinquante-huit ans^ je suis prête à mourir , espérant d'aller en paradis; ainsi je puis parler hardiment , et je dis que je ne désire point de voir mettre l'État en péril y pour m'autoriser parmi les catholiques^ et pour l'honneur de dire : J'ai tout sacrifié à la religion catholique. Perdre l'État, c'est perdre aussi la religion; au lieu que si l'État se sauve, la religion est en sûreté.

LB Boi, à part. — Essayons de jouer ici le dépit et la colère. [Haut et Sun ton dégagé.) Messieurs f **), arrivera ce qui pourra^ j'en ai la conscience nette ; personne ne veut rien faire pour la religion^ j^attendrai pour agir qu'on me seconde. Je puis dire que, d'accord avec la reine ma mère^ j'ai manœuvré, même intrigué (****), puisqu'il faut le dire , avec tous les gens des trois états, qui n'allaient que d'une fesse, pour les pousser h ne demander qu une seule religion C****)y espérant qu'ils m'aideraient à exécuter mon dessein ; mais ils ne m'en donnent pas les moyens. Je suis contraint de suspendre l'exécution de mon projet, mais je veux que chacun sache que je l'exécuterais si les moyens nécessaires m'étaient donnés, afin qu'on n'aille point dire de moi des choses qui me porteraient préjudice. Je crois être aussi

(*) Voyez la note EE, à la suite du cinquième acte.

{**) Extrait littéral du discours de la reine mère au conseil du 28 février 1577.

('**) Extrait littéral du discours du roi en son conseil du 28 février 1577.

(-•*) Le texte dit, au lieu à'iiUrigué, brigué.

(•*•••) Littéral.

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affectionné qu'un autre à la religion^ sans être de ceux qui, pour se faire apparoir des piliers de l'Église^ ne se soucient de dire à tort et à travers tout ce qui leur vient à la bouche («7 regarde les cardinaux], sans se presser davantage de mettre la main à la poche pour donner de quoi la soutenir. Quant à présent, je ne puis avoir recours qu'à l'assistance du ciel contre l'invasion des huguenots. Au refus de toute autre , celle-là sera peut-être' implorée avec succès. (À un olficier.) Appelez Maugiron. Au moins en ordonnant des prières publiques j'écarterai de moi le reproche d'indifférence à la cause de la religion, et les fidèles catholiques chercheront les auteurs de leur détresse Ç). (La séance est levée.)

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