LE ROI, LA REINE MÈRE, LE DUC DE NEVERS, LE DUC DE MONTPENSIER
LB Boi. — Eh bien, mon cousin, nous annoncez-vous de nouvelles invasions du roi de Navarre?
LB DUC DB MOifTPBNiiiBB. — Ouî, sîre : ilcst à vingtrcinq lieues de Blois.
LB BOi, à part. ^ Ah ! messieurs des états, cette nouvelle et ma procession de demain vous décideront peut-être !
LB DUC DB uoNTPBNSiBB. — Mais jc VOUS apporte la paix; du moins le roi de Navarre vous l'oiTre à des conditions très-favoraUes. Il ne demande guère que la liberté de conscience et la tolérance d'un culte sans éclat (**).
LA RBiNB MBBB. — C'cst sc rclàchcr de tout
(*) Nevers, 27 février. « Retour de Montpensier de sa missioD vers le roi de Navarre. »
(**) Voyez la note II, à la suite da cinquième acte.
ce qui choquait les catholiques dans Fédit de pacification.
LB Boi. — C'est toujours s'opposer à l'unité de religion. Les états sont-ils informés de la nouvelle que vous m'apportez?
LE DUC DB MONTPBifsifcB. — Elle m'a devancée, semée partout par l'allégresse générale.
LB Boi, à part. — Tant pis. {Haut.) 11 se peut qu'elle ne contente pas les états.
LB DUC DE MONTPBIfSIBB. — LcS étatS peU-
ventp^ls penser le contraire de ce que veut la nation à l'unanimité? Qu'est-ce qu'une majorité d'assemblée quand elle est opposée à la majorité nationale? et qui peut mesurer la force d'une opposition qui parle et agit même en minorité, selon le vœu général? L'unanimité de la France est pour la paix; qu'importe ce qu'en penserait une majorité séduite ou corrompue? Mais cette majorité même n'existe pas ici (*).