‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 271 sur 478 · NOTICE SUR HENRI UI · texte numérisé non relu

NOTICE SUR HENRI UI

de fousses notions^ si Ton veut que Tétude de ces temps si féconds en instructions soit de quelque utilité.

L'étude du règne de Henri III ^ entreprise sérieusement^ sans préjugé^ sans prévention ^ apprendra bientôt que ce prince fut toujours le même dans tout le cours de son enistence poliUque ; que la distinction de trois périodes dans sa vie morale est fausse et chimérique; que les variations et les oppositions qu'on a cru voir d'un jour à l'autre dans sa conduite^ pendant treize années de son règne , sont imaginaires; qu'il a été le même d'une période à l'autre^ le même dans chaque période: toujours un^ toujours même caractère ^ nnêmes principes^ mêmes passions; ou plutôt toujours même absence de caractère^ de principes et de passions. Car il faut enfin le dire : efiëminé dès l'enfance par l'éducation^ devenu étranger aux deux sexes dans sa jeunesse ^ soit par épuisement^ soit par une maladie honteuse^ soit par le remède qu'on y appliqua^ son existence morale ne put^ en aucun temps de sa vie^ s'élever au-dessus de sa dégradation physique; sa vie politique ne put se séparer de sa vie privée; dans le monarque , on a toujours vu le prince qui n'est d'aucun sexe. Sa doctrine politique n'a jamais été que l'exagération d'une funeste tradition de François l" et Henri II ; sa politique^ qu'intrigue rampante; son habileté^ que trigauderie; sa finesse^ qu'industrie. Sa bontés sa libéralité^ ses profusions^ ses amitiés, ses amours infftmes, sa cagoterie, son monachisme, son jésuitisme, n'ont été que d'ignobles calculs ; et il n'est sorti de cet état de lâcheté et de bassesse que par des accès de tyrannie et de férocité.

Page 1