AVANT-PROPOS DE L'ÉDITEUR
Entre toos les ouvrages de d'Aubigné^ le Baron de Fenesle est celui qui a le plus d'affir uité avec le Budget de Henri lii. Le Baron de Fenesle peint les mœurs de la fin du règne de ce prince^ celles de la cour de Henri IV^ qui fut malheureusement infectée des traditions de ses prédécesseurs; enfin celles de I& cour de Louis Xn[. -*- Le Budget de Henri lUy ou les premiers états de Blois, a pour objet les mœurs de la première partie du règne de ce prince , qui commença si bien et qui finit si mal. A l'époque des premiers états de Blois (1576), la faveur des mignons venait seulement de s'établir; la dissolution était déjà ex«tréme, mais il restait encore quelque pudeur. Ce mot marque le passage des mœurs efféminées aux mœurs atroces, et montre par quelle pente la mollesse peut conduire un prince de Toisiveté au vice, du vice au crime, et par le crime aux plus horribles catastrophes.
11 y a moins de verve et de gaieté dans cet ouvrage que dans le Baron de Feneste : C'est probablement la raison qui aura déterminé d*Aubigné à le laisser dans le portefeuille oà
on Ta trouvé. Mais il y a plus de solide instruction, et d'ailleurs cette production inédite du créateur du genre mérite, à ce titre, quelque attention de la part des hommes de lettres qui se plaisent à étudier Phistoire de la littérature, et à suivre la noarche des esprits distingués dans toute Pétendue de leur carrière.
Le fond de Pouvrage est parfmtement historique; c'est là son mérite : il est, j'ose Passurer, plus historique que nos histoires ex professo et que nos chroniques les plus accréditées. Aucun n'a présenté aussi exactement que le Budget de Henri II i les manœuvres de là cour et celles des premiers états de Blois, le but opposé où tendaient les députés et le roi; j'ajoute qu'aucune n'a aussi fidèlement montré l'esprit qui animait la nation dans les querelles de religion, dont la cour fit ces guerre intestines qu'<m a fort improprement appelées guerres civiles , et plus improprement encore guerres religieuses; car les citoyens n'y prirent aucune part, et la religion n'en fut que le prétexte.