SCÈNE II
L*aprè8-dinée.
LE ROI, LA DUCHESSE D'ANGOULÊME, MADEMOISELLE DE MONTMORENCY, LE DUC DE BEIXEGARDE, LE COMTE DE BASSOMPIERRE, LE DUC DE GRAM- MONT, et autres courtisans rangés en demicercle aux deux eétés du lit,
LE BOi, toujtmrs dans son lit.
(Pendant que la duchesse d'Angovléme parle avec le duc de Bellegarde, il s'adresse à mademoiselle de Montmorency, qui est plus près de lui, et lui dit :)
Monsieur le connétable est , comme moi, dans son lit, goutteux, et, j'espère, pestant comme moi.
MADBMOISBLLB DB MORTMORBIICY. — Ouî ,.
sÎK, il est au lit; mais il me parati patient.
LB Boi. — n est oouHoe cela devant vous... Je le serais ausBi4ÎiMi6.étieB toujours li^... Sa mairie retarde votre jonariage ?
MADEMOISELLE Mt ffONTMOBENGY. — Ouî,
sire.
LB BOi. — Ce retard vous fait-il bien de la peine?
MADEMOISELLE DE MONTMOBENCY, ^nbarras-
sée. — Sire...
LE BOf. —Je vous aime comme ma fHle ; je
(*) Mémoires de Bassompierre, p. 144.
LA MORT DE HENRI IV
veux que vous soyez heureuse ; je veillerai sur votre bonheur. Vous demeurerez au Louvre avec votre mari pendant toute l'année de * son exercice de la charge de premier gentilhomme de la chambre {*}. Cela vous sera-t-il agréable?
MADEMOISELLE DB MONtMOBENGY. — Tout OC
que Votre Majesté ordonnera le sera sûrement à M. de Bassompierre.
LE Boi. — Mais cette union vous plait-elle? répondez-moi franchement. Si vous n'aviez pas de goût pour Bassompierre, il serait trèsfacile de rompre; et^ si vous le vouliez, je vous marierais à monsieur le prince^ mon neveu H?
MADEMOISELLE DE MONTMOBBNCY. — SlTe,
puisque c'est la volonté de mon père que j'épouse M. de Bassompierre^ je m'estimerai bien heureuse avec lui (*'*).
LE Boi. — Je vous regarde comme ma fille; je ne désire rien autant que votre bonheur. (La duchesse d'Angouléme ayant fini ses entrertiens particuliers, celui du roi avec mademoiselle de Mimlmoreney finit en même temps.)