SCÈNE PREMIÈRE
Le matin, au Louvre.
LE BOI^ dans son lit; LE DUC DE BELLE- GARDE, LE DUC DE GRAMMONT, LE COMTE DE BASSOMPIERRE.
LB BOi. — J'ai passé une nuit diabolique. La goutte ne m'a pas laissé un moment de re lâche; et ce matin, quand elle m'a quitté, je ne sais quelle agitation m'a tourmenté... Ventre saiatrgris, mes amis, si j'avais eu Pun de vous près de moi, j'aurais eu recours à un grand remède contre Tinsomnie : vous m'auriez lu VÀstrée, dont on parle tant (')...
LE COMTE DB BASSOMPIEBBB. — SirC, nOUS
ne vous laisserons pas ainsi la nuit prochaine ; nous veillerons près de Votre Majesté, et nous lui lirons VAstrée^ puisqu'elle a la curiosité de connaître ce roman.
LB Boi. — Ce roman! On dit que dllrfé a mis là une partie des histoires galantes de la cour. Je suis curieux de voir cotammi il les traite.
LB COMTE DE aàSSOMPIBBBB. — Je U'OH pitis
rien dire à Votre Majesté. Ceux qui courent les aventures ne s'amusent guère à en lire.
LE DUC DE GRAMMONT. — Je uc conuais pas noii plus VAstrée.
LE DUC DE BBLLEGABDE. ^Nl moi.
(*) « Nous lui lisions VAsfrée, qui lors était en » vogue. • {Mémoires de Bassom pierre , I^ partie , p. 144, édition in-1 2, Cologne, 1703.) ;
LE ROI. — 11 ne faut pas passer ici la nuit tCN» les trois ; un seul suffit; et vous vous relèverez ainsi de trois nuits en trois nuits {*).
LE COMTE DB BASSOMPIERBE. — Celt Sera
ainsi que l'ordonne Votre Majesté.