‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 318 sur 478 · DE M. LE BAROM WALCKENAER · texte numérisé non relu

DE M. LE BAROM WALCKENAER

A M. LE COMTE RCEDERER.

Pari», ce M février iim.

Monsieur le comte,

Quoique déporté depuis deux ans sur les bords de la Loire, je me trouve heureusement à Paris dans ce moment, et j'y ai reçu les comédies historiques que vous avez eu la bonté de m'envoyer. 4e n'ai pu quitter le volume sans en achever la lecture; et le plaisir qu'elle m'a causé m'engage à risquer de passer pour un présomptueux, en vous indiquant deux sources que vous avez peut-être négligées à dessein pour votre

dernière comédie, la Mort de Henri IV y mais qui, cependant, me paraîtraient de nature à fournir d'heureuses inspirations à votre talent Je veux parler de ce qui concerne l'amour de Henri lY pour la princesse de Condé. Cette princesse, pendant les troubles de la Fronde et durant le loisir que lui laissait son exil k Chantilly (elle était alors princesse de Condé douairière), a fait le récit des événements de son jeune âge à Lenet, conseiller au parlement, et l'homme d'affaires de son fils.

Rien n'est plus curieux que ce qu'elle a raconté à ce sujet ; et cette partie des Mémoires de Lenet en est, sans contredit, la plus amusante et la plus intéressante. Ces Mémoires ont été réimprimés dans la collection de Petitot, que vous citez ; et comme ils appartiennent au siècle de Louis XIV, vous n aurez peut-être pas pensé à les consulter pour ce qui concerne la vie de Henri IV.

L'autre source dont je veux parler est moins accessible; ce sont les Mémoires de Tallemant des Réaux. Ils sont manuscrits, et appartiennent à M. le marquis de Châteaugiron. J'y ai puisé pour ma Vie de la Fontaine, et je me rappelle d'y avoir lu des anecdotes curieuses sur Henri IV et mademoiselle de Montmorency. L'auteur les tenait de madame de Rambouillet, la mère de Julie d'Angennes (depuis duchesse de Montausier}. Ces anecdotes sont trop cyniques et ne sont pas bonnes à imprimer, mais elles sont bonnes à lire. J'ai donné une notice de ces manuscrits dans la Vie de la Sablière, en tête de l'édition in-8* des Poésies de cet auteur, que le libraire Nepveu a publiées.

J'ai remarqué que, dans le Marg%AlUer de Saint-Emtache, les mêmes personnages disent indifféresunent monsieur le Dauphin et monseigneur le Dauphin: je ne^rois pas que l'une et l'autre expression fi'xt usitée en même temps. Richelet, dans un livre imprimé en 1689, indique l'année précise où Louis XIV a permis de donner au Dauphin, son fils, le titre de monseigneur; et il ajoute qu'auparavant on disait toujours monsieur, en s'adressant à ce prince ou en parlant de lui.

Cette remarque est bien minutieuse et bien pédantesque , lors même qu'elle serait exacte ; mais elle

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