‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 32 sur 478 · ACTE m, SCÈNE IIÏ · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IIÏ

LB DAUPHIN. — Très-vrai , ma chèi-e belle. LA cAssiNEL. — La bonne, Pexcellente idée !

LB DAUPHIN. — Vous trÔUVCZ. . . ?

LA CASSINEL. — Admirable.

LE DAUPHIN. — A peine êles-vous sortie, qu^elle m'est venue. Il semble qu'elle n'attendait que votre départ.

LA CASSINEL. — Eu quittant la reine, j'ai fait venir chez moi nos amis secrets. Je leur ai recommandé d'entretenir les attroupements et la rumeur sur le quai SaintrPaul . Ils feront distribuer quelcpies vivres à l'heure des repas ; car ces gens du peuple sont très-difliciles à retenir, quand la faim les prend. On poussera de temps en temps des cris de : Vive monsieur le Dauphin! qu'on ramène monsieur le Dauphin/

LB DAUPHIN, d'un (on mystérieux et capable.— J'approuve fort... Cela entre bien dans mes vues.

hk CASSINEL. — Je le présume. Il faut presser le départ pour Corbeil. Si on leur laisse le temps de la réflexion , ils ne s'y rendront pas. Il convient de tenir le peuple en haleine.

LB DAUPHIN. — Il est tcmps d'en finir.

LÀ CASSINEL, riant. — Il est plaisant de leur donner de l'empressement pour aller à ce rendez-vous... ah ! ah! ah !

LE DAUPHIN. — Qui Ics coutraric.

LA CASSINEL. — Et OÙ VOUS DC VOUS reudrcz pas. Ah ! ah ! vous leur jouez là un bon tour... pourvu qu'ils ne s'en doutent pasl

LB DAUPHIN — Comment?

LA CASSINEL. — Quoi dOUC... I

LE DAUPHIN. — Je partirai dès que je saurai leur départ.

LA CASSINEL. — C'ost à-dirc que vous resterez... Vous voulez vous amuser à mes dépens... Mais si je n^ai pas eu Tespnt d'inventer ce bon tour, j'en ai bien assez pour le comprendre.

LE DAUPHIN. — Ma chère, vous courez après la finesse, et vous n'avez pas atteint ma pensée. En les obligeant à venir pour moi à Corbeil, je les humilie, et je suis maître des conditions de mon retour.

LA cAssiNBL. — Monseigucur, en restante Paris vous êtes maître du pouvoir, et sans conditions; cela vaut bien mieux. Privés du pouvoir, ils sont plus qu'humiliés, ils sont anéantis.

LB DAUPHIN, ^/onu^.— Comment l'entendezvous?

LA CASSINEL. — N'avcz-vous pas ici contre la cour les mêmes moyens que vous aviez hier, et que vous auriez employés, si Ton n'avait pas empêché le tocsin de sonner à minuit?

LE DAUPHIN. — Les mêmcs moyens, non, puisque mes amis, le duc de Bar, Rambouillet , Marcoignet, sont en prison.

LA CASSINEL. — Nc pouvcz-vous Ics délivrer? les faire suppléer par d'autres ? D'ailleurs, remarquez que s'il vous manque quelques amis, vous aurez aussi des ennemis de moins, puisque les gens du quai Saint-Paul seront à Corbeil.

LB DAUPHIN. — Mais je ne vois personne, à portée de moi, en qui je puisse prendre confiance... Je ne dois pas me livrer à tout le monde.

LA CASSINEL. — ^Vous pouvcz disposcr de tous les amis du duc de Bar, de Marcoignet et de Rambouillet. Plusieurs vous ont élé présentés, et sont dans le secret.

LE DAUPHIN. — Ce sont de nouveaux visages... Il faudra me mettre en avant..., tout voir, tout dire , tout faire par moi-même... Oh! si j'avais mes amis, le duc de Bar seulement !

LA CASSINEL. — Quc vois-jc? Quel bonheur! les voici tous les trois.

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