‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 323 sur 478 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M. HOC, LE PORTIER qui le stOt,

m. BùCf se retournant.

Pourquoi sar mes talons accourir de la sorte? Cinquante fois le jour vous quittez votre porte.

LK ^mK%^ marchant avec peine.

J'apporte votre liste... et puis je dois savoir Chaque matiu à qui je puis ouvrir le soir.

■. Boc^ prenant la litte.

Vous faites le goutteux... et pourtant ou m'assure Qu'on vous voit chaque jour marcher d*une autre allure. Lorsque vers la police....

LE PORTIBR.

Hélas 1 de ce côté Je ne tourne jamais que quand j'y suis cité.

■. HOC, lisant la liste.

La comtesse d'Ormeuil I . . . c'est quelque aventurière r

LE PORTIBl.

Elle est en deuil...

M. HOC

Fort bien : jouant la douairièie...

Refusez... Qui ? Pinto? un mendiant encor.'

LE POITIBR.

Au contraire, monsieur; il parait cousu d'or. C'est un juif portugais. Feu monsieur votre père , D'une somme, dit-il, Va fait dépositaire ; Il veut vous Ja compter.

■. HOC

D'où vient-il?

LE POITIBI.

D'Abrantès.

Un juif! Je crains les juifs et dma/erentes.

LE PORTIER

Dans l'instant est venu ce grand monsieur Glitandre.

M. HOC

Il me doit de l'argent.

LE PORTIER

S'il venait vous le rendre !

M. HOC

Le rendre?... il se pourrait... mais pour s'accréditer, Et quatre jours après me venir emprunter, Avec pleine assurance, une somme plus forte ! Qu'il garde ce qu'il tient, et fermez-lui ma porte.

LE PORTIER

Oui, monsieur.

H. HOC

Un portier devrait avoir du tact...

A garder votre porte au moins soyez exact. Mais vous n'attendez pas pour ouvrir que l'on sonne, Et vous avez un chien qui n'aboie à personne.

LE PORTIER

Monsieur, vous plairait-il jeter aussi les yeux Sur mon petit mémoire?

■ . Hoc^ après avoir lu.

Oh I oh 1 c'est curieux l Pour votre maudit chien un mois de nourriture. Quinze francs! quinze francs l mais un chien en peinture Garderait beaucoup mieux. Changez-moi votre chien. Qui mange comme un loup, et qui ne sert à rien. Revenez un moment. Ne pourriez-vous m'apprendre Si cette maison-ci n'est pas toujours à vendre ? A la porte je crois ne plus voir d'écriteau.

LE PORTIER

On l'a changé de place ; il est dans le trumeau.

M. HOC

Pourquoi ce changement? C'est le propriétaire Qui l'a voulu, sans doute?

LE PORTUR.

Oh oui ! la chose est claire.

H. HOC

Pourquoi l'a t-i1 voulu ? C'est que les curieux N'affluaient pas, je crois ; mais en viendront-ils mieux?

MONSIEUR HOC, OU LE MÉFIANT

LB PORTin.

Les amateurs, monsieur, arrivent par douzaine. 11 n'en viendra pas moins. Ma loge est toujours pleine De gens qui, renvoyés de votre appartement. Veulent savoir de moi ee que o*est, et comment...

Peut-être des coquins, des gens dont l'industrie Cherche Toccasion d*une filouterie?

LB POBTIBB.

Des dames, des seigt.eurs, en carrosses venus, Et qui de vous, monsieur, se disent bien connus i

M. HOC

Mensonge ! Rt savez-vous à quel prix on estime...

LB PORTIBB.

Pour le prix on s'adresse au secrétaire intime Du maître du logis. Mais deux cent mille écus Sont le prix que je fais.

M. HOC

Qui fait qu'on n'en veut plus.

{Il fait signe au portier de sortir.)

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