M. LE DOUX, M. AUGUSTE
M. AUGUSTE
Eh bien, mon cher Le Doux, la déclaration f
M. LB DOUX
Il a franchi le pas.
M. AUGUSTE
Point d'opposition?
M. LE DOUX
Aucune. Cependant il faut l'aveu d'Albine. n veut le demander lui-même, et j'imagine Qu'il l'obtiendra sans peine.
M. AUGUSTB.
Ainsi tout va grand train ,
Et tout sera conclu dès ce soir ou demain.
M. LB DOUX
Ou demain ! Dès ce soir. Oui, ce soir, je l'espère.
Je verrai sans retard terminer cette affaire.
Oh ! je ne prétends point qu'elle tndne en longueur.
Pourquoi faire languir une affetire de cœur?
J'abhone les lenteurs, et c'est ce caractère
Qui tàît q«*ca sa ittiiMi j'ai logé mon notaire.
Qu'on l'appelle à l'instant., je ynuL fégicr la dot.
M. AUGUSTE
Hé quoi I si promptement l
M. LE DOUX
11 ne me faut qu'un mot.
... Il me vient une idée aimable et lumineuse... Mon notaire normand la rendra ténébreuse S'il la travaille. Ainsi, sans trop le consulter, Exp1iquon!9-lui comment il doit l'exécuter.
M. AUGUSTE
Vous faites impromptu des choses importantes.
M. LB DOUX
Oui : je donne impromptu vingt mille écus de rentes A ma fille pour dot Autre impromptu : je vends A mon gendre futur, et pour cent mille francs. Cet bétel dont il m'a, vingt fois au moins, je gage, Offert cent mille écus, et qui vaut davantage. Et, pour que l'impromptu que je prétends finir N'aille pas me coûter quatre mois de loisir. Je veux, dès ce matin, faire prier mon homme, Sans explication, de me prêter la somme : Cent mille francs en or; de sorte qu'il m'aura Payé, sans le savoir, en signant le contrat.
M. AUGUSTE
C'est fort bien. Cependant, quelque chose d'étrange Brouille plus votre plan, je crois, qu'il ne l'arrange Ces cent mille francs-là !... moi, je trouverais bien Que vendant pour si peu vous donnassiez pour rien. Et que fait cette somme au fond de vos affaires? Cent mille francs de plus ne vous importent guères. N'ayez pas l'air de vendre, alors que vous donnez. Chacun regardera ce que vous retenez...
11 ne faut point donner, ou donner avec grâce.
M. LB DOUX
Je veux bien les payer, mais un point m'embarrasse : C'est que le créancier ne peut les recevoir. Lui-même doit la somme, et vous devez savoir...
M. AUGUSTE
J'entends. Mais... dites-moi par quelle prévoyance Vous feignez un emprunt pour vous payer d'avance? Votre gendre futur achetant la maison La payerait très-bien, et j'en suis caution.
M. LE DOUX
Dans une offre à bas prix, sa folle défiance De ma pauvre maison verra la décadence : « Puisqu'on baisse le prix, c'est qu'elle va crouler, • Dira-t-il : « la comète aura pu l'ébranler I • Rien ne sera d'aplomb. De la cave aux mansardes, Son œil préoccupé ne verra que lézardes. De quand, de si, de mais, il se tourmentera; Moi, je puis me fâcher, et rien ne finira.