SCÈNE XVI
M. HOC, M. AUGUSTE, M. HUE
M. HOC , étonné. J*étais bien avisé !
M. AUGUSTE, bas.
Le Doux n'est pas chez lui, je ne sais plus que faire.
M. HOC
{Avec humeur,) Ils m'ont voulu tromper... Et vous aussi, mon frère 1 En vendant sa maison emprunter de l'argent ! Certes, le mal est grave, et le péril urgent. Pour être bien à fond trompé dans cette affaire, 11 ne m'a rien manqué, car j'écoutais mon frère. Emprunter de l'argent en vendant sa maison. Rien en cela du moins ne blesse la raison... Bdais que pour s'arrêter au bord du précipice n fasse de sa fille un cruel sacrifice. Je ne le conçois pas. Quoi ! père sans pitié. Attendre tout d'un gendre et rien de l'amitié? ... Et quand dans ce dessein je vois entrer un frère !...
{Avec colère,) C'est une indignité !... Passe pour le notaire 1
M. HUB
De quoi parle monsieur? Je ne puis concevoir...
M. AUGUSTE
Je laisse tout passer sans m'en apercevoir : Imitez-moi, mon cher.
M. HOC
Ainsi, l'aimable Albine, Victime d'un malheur qu'il faut que je devine. Ayant contre son cœur tristement combattu. Me charmait par devoir, me trompait par vertu ! Enfin j'ai pénétré cet effrayant mystère !...
(Avec colère,) Mais peu s'en est fallu que je crusse mon frère... Et comment s'est-il fait que mon esprit rebours
N'ait vu dans ces beaux pleurs que des marques d'amour t Et devais-je oublier que d'abondantes larmes Sont, d'un sexe trompeur, les ordinaires armes i Monsieur Hue, entrez là, là, dans mon cabinet: Je vous suis à l'instant. J*ai votre argent tout prêt.