‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 353 sur 478 · SCÈNE XVIL · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIL

M. HOC, M. AUGUSTE

M. HOC

A mon bonheur, hélas ! tout était donc contraire t Et moi qui bonnement vous écoutais, mon frère r n faut rompre au plus vite, et de ce mauvais pas Sauver au moins la fille... en ne l'épousant pas. Sans doute après diner on prétendait conclure ; Il faut me dépêcher de rompre la mesure. Évitons le diner, et prévenons ainsi Une triste rupture en face d'un ami.

(Il s'assied à un bureau pour écrire,)

M. AUGUSTB.

(BasJ) (Haut.)

Le Doux ne rentre point I Vous feriez mieux, peut-être, De parler à Le Doux que d'écrire une lettre.

M. HOC

Je lui parlerais bien, sll ne répondait pas ; Mais comment l'empêcher ?

M. AUGUSTE

Oui, c'est un embarras.

J'en C'Onviens avec vous.

J'aurais à me défendre Contre lui, contre vous, contre mon cœur trop tendre. Écrivons, écrivons.

M. AUGUSTE, bas,

A le dissuader Je perdrais mes efforts ; mais je puis retarder. En excitant sa bile, une odieuse lettre Que l'amitié, l'honneur ne peuvent se permettre.

(Haut,) Renoncer au bonheur sur d'injustes soupçons !

H. HOC, écrivant.

Le moment est bien pris pour donner vos leçons t

M. AUGUSTE

Lorsque vous m'attaquez je puis, pour ma défense. Alléguer les dangers d'une fausse apparence.

M. HOC, écrivant toujours.

D'une fausse apparence !

M. AUGUSTE

Oui ; plus d'une raison Font ouvrir un emprunt et vendre une maison. On peut avoir formé quelque grande entreprise. Acquis un grand domaine !...

M. HOC, posant sa plume.

Oui, vendre sa chemise Est signe de richesse ! Allons, laissons cela. Votre rôle d'ami, croyez-moi, finit là.

Vous avez assez fait, et je vous rends justice, Pour mener votre frère au bord du précipice.

410 MONSIEUR HOC

Je B*y veux pas tomber, c'est un p«âiit arrèfaé.

(/I reprend «« plmm$,)

M. AUGUSTE

Le Doux, vous Pavouez, a de la probité.

M. HOC

Cela ne repond point à mes inquiétudes : On sait que le besoin conduit aux turpitudes.

M.'AUGUSTB.

Mais, ici, le besoin que vous croyez prouvé Est chimérique et faux ; c'est un fait controuvé.

M. lOC.

De vos beaux arguments, bon Dieu, faites-moi grâce.

M. AUGUSTE

Je n'argumente plus, et je quitte la place.

M. Boc, ëcrivani.

Il n'est plus question, parbleu, de discuter; Mais d*un parti bien pris, qu'il faut exécuter...

(Il écrit,) (A son frère.) Bien... très-bien. Quelque jour vous connaîtrez leshonunes.

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