V. AUGUSTE
S'ils sont tous des fripons, vous et moi nous en sommes. M. HOC, il se lève précipitamment^ la plume à la main. Vous et moi 1... pas encor ; mais, comme gens de bien, Fuyons Toocasion, et ne jurons de rien. L'intérêt personnel connaît peu de barrières.
Mais i] est différent selon les caractères ;
Autre chez Thonnète homme, autre chez le vaurien.
On peut s'aimer beaucoup, pourvu qu'on s'aime bien :
11 est au fond du cœur un juge fort sévère ;
On ne peut s'aimer 6ien, sans tâcher de lui plaire ;
Il n'est, sans son aveu, ni plaisir ni bonheur.
Il n'en est point non plus aux dépens de l'honneur.
Qui s'aime se respecte; et quand on veut paraître
Constamment honorable, on a grand soin de l'être.
(Bas.) Mais je le vois en verve, il faut frapper plus fort : Je souffre de le voir se mettre dans son tort.
(Haïut.) Le Doux ne peut tarder. Votre injustice extrême Se conçoit : vous jugez des autres par vous-même. Un jaloux voit partout des rivaux, des amants ; L'avare des voleurs, le méchant des méchants; L'athée intolérant ne voit que fanatisme; Et l'égoiste enfin voit partout Tégoisme.
(Bas.) Mais il ne m'entend pas.
(Hoc finit, et plie sa lettre pendant ces derniers vers.) M. HOC, se levant de son hursau, et tenant sa Uttreé Plaidant pour vos amis.
Votre zèle, sans doute, en attend qudque prix : Il est temps, croyez-moi, de leur faire visite. Pour moi, je vais sortir ; il faut que je vous quitte.
(// sonne.) M. AUGUSTE, à part. C'est très -bien. A Le Doux courons vite expliquer Ce billet que lui-même eut l'art de provoquer.