‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 381 sur 478 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LA RUSE, DESROGNURES.

LA Busi. — Eh bien ! vous a-t-on bien marchandéy épluché?

DisBOOivuEEs. •— Tout au contraire. On m'a demandé combien coûtera le frac en beau drap, boutons dorés; voilà tout. J'ai répondu dix louis, c'estle prix. J'en donne quinze, m'at-il dit, à une condition.

LA BUSB. — Et quelle condition?

DESROGNURBs. — C'cst quc VOUS mc direz, a-t-il continué, les finesses du métier. Au fait^ combien entre-t-il d'étoffe dans un habit? quel drap employez-vous? est-il mêlé de coton, y entre-t-il du mérinos? et cent autres choses pareilles. J'ai répondu à tout cela à peu près juste.

LA BUSB. — Vous avez répondu ! Vous êtes un faux frère.

DBSBOonnBBs. — Je sortais, il me rappelle pour savoir ce qu'un tailleur qui sait vivre donne au valet de chambre des maîtres qu'il habille, pour leur dire que les habits qu'il fournit vont bien ?

LA BUSE. — Et vous Bvez répondu ?

DBSBOoif UBBS. — Une politesse , peu de chose; c'est d'usage...

LA Busi. — Monsieur Desrognures!

DB8B06NUBB8. — Monsicur...

LA BUSB. «« Je ne vous demande rien ; au contraire...

DBSBOGNUBBS. *- Oh, mousieurl une légère reconnaissance, c'est trop juste.

L4 BUSB. — Non. Je vous remercie : prenezmoi , je vous prie , mesure d'un frac... Je vais vous expliquer ce que j*attends de vous.

DBSBOGnuBES. — Voloutiers. ( // lui prend mesure.)

LA BUSB. -« Vous voyez le genre de mes har bits.

DBSBOGNUBBs. — Mousicur , jc ferai, j'espère, mieux que cela, et plus dégagé... à l'air

de votre visage... Quel drap voulez-vous, et de quelle couleur?

LA BUSB, à part -^ C'est id le difficile. (Haut) Croyez-vous que la couleur qu'a choisie monsieur ne m'irait pas bien?

DBSBOonuBBS. — Au Contraire : très-bien.

LA BUSB. <— Le drap n'est-41 pas bon teint ?

DBSBOONUBBS. —A Tépreuve.

LA BUBB. — Vous ue SBVcz pas que les habits de monsieur me reviennent au bout de Fan, fripés ou non. Ainsi, celui-ci, que vous allez lui faire, sera pour moi.

DBSBOGNUBES. — Ahl VOUS ètcs cu bounc maison.

LA BUSB. —Ne pourriez-vdus pas l'arranger tout de suite à ma mesure? S'il doit me revenir dans un an, pourquoi ne le ferions-nous pas tout de suite à ma taille?...

DBSBOGNUBBS. — Mais, dans un an, il sera si facile de vous l'arranger!...

LA BUSB. — Pourquoi pas tout de suite?

DBSBOGNUBBS. — Pourquoi tout de suite? Je ne vois pas...

LA BUSB. — Vous ne voyez pas que si je veux, un des jours de ce carnaval, être bien mis dans un bal.... {Desrognures est éUmné,) Cela vous surprend? Mais qu'y a4-il donc là d'éti*ange , que je prenne un à-compte d'une soirée sur un habit qui doit m'appartenir? Vous êtes étonné de peu de chose.

DBSBOGNUBBS. — C'cst quc, si jc le fais à votre mesure, il ira mal à M. de la Cautelle.

LA BUSB. — Et pourquoi cela?

DBSBOGNUBBS. — Vous étes bien plus grand.

LA BUSB. — Vous direz que le dernier goût est de porter les habits un peu plus Icnags.

DBSBOGNUBBS. Vous étes bicu plus gros.

LA BUSB. — Vous direz que la mode est de porter les habits très^arges; que c'est plus commode...

DBSBOGNUBBS.— Mais, s'il va se trouver mal habiUé?

LA BUSB. —Je lui dirai qu'il est bien.

DBSBOGNUBBS. — S'il me laisse l'habit pour mon compte?

LA BUSB, impatienté.-^ Ahl voilà bien des objections... Eh bien, je vous déclare que, s'il me va mal à moi, je le ferai rebuter; et je trouverai le moyen de faire connaître la mauvaise qualité de votre dn^, et le ridicule de votre coupe toute bourgeofee. Je veux Tes-

Page 1