SCÈNE XIII
LA RUSE, DESROGNURES.
LA Busi. — Eh bien ! vous a-t-on bien marchandéy épluché?
DisBOOivuEEs. •— Tout au contraire. On m'a demandé combien coûtera le frac en beau drap, boutons dorés; voilà tout. J'ai répondu dix louis, c'estle prix. J'en donne quinze, m'at-il dit, à une condition.
LA BUSB. — Et quelle condition?
DESROGNURBs. — C'cst quc VOUS mc direz, a-t-il continué, les finesses du métier. Au fait^ combien entre-t-il d'étoffe dans un habit? quel drap employez-vous? est-il mêlé de coton, y entre-t-il du mérinos? et cent autres choses pareilles. J'ai répondu à tout cela à peu près juste.
LA BUSB. — Vous avez répondu ! Vous êtes un faux frère.
DBSBOonnBBs. — Je sortais, il me rappelle pour savoir ce qu'un tailleur qui sait vivre donne au valet de chambre des maîtres qu'il habille, pour leur dire que les habits qu'il fournit vont bien ?
LA BUSE. — Et vous Bvez répondu ?
DBSBOoif UBBS. — Une politesse , peu de chose; c'est d'usage...
LA Busi. — Monsieur Desrognures!
DB8B06NUBB8. — Monsicur...
LA BUSB. «« Je ne vous demande rien ; au contraire...
DBSBOGNUBBS. *- Oh, mousieurl une légère reconnaissance, c'est trop juste.
L4 BUSB. — Non. Je vous remercie : prenezmoi , je vous prie , mesure d'un frac... Je vais vous expliquer ce que j*attends de vous.
DBSBOGnuBES. — Voloutiers. ( // lui prend mesure.)
LA BUSB. -« Vous voyez le genre de mes har bits.
DBSBOGNUBBs. — Mousicur , jc ferai, j'espère, mieux que cela, et plus dégagé... à l'air
de votre visage... Quel drap voulez-vous, et de quelle couleur?
LA BUSB, à part -^ C'est id le difficile. (Haut) Croyez-vous que la couleur qu'a choisie monsieur ne m'irait pas bien?
DBSBOonuBBS. — Au Contraire : très-bien.
LA BUSB. <— Le drap n'est-41 pas bon teint ?
DBSBOONUBBS. —A Tépreuve.
LA BUBB. — Vous ue SBVcz pas que les habits de monsieur me reviennent au bout de Fan, fripés ou non. Ainsi, celui-ci, que vous allez lui faire, sera pour moi.
DBSBOGNUBES. — Ahl VOUS ètcs cu bounc maison.
LA BUSB. —Ne pourriez-vdus pas l'arranger tout de suite à ma mesure? S'il doit me revenir dans un an, pourquoi ne le ferions-nous pas tout de suite à ma taille?...
DBSBOGNUBBS. — Mais, dans un an, il sera si facile de vous l'arranger!...
LA BUSB. — Pourquoi pas tout de suite?
DBSBOGNUBBS. — Pourquoi tout de suite? Je ne vois pas...
LA BUSB. — Vous ne voyez pas que si je veux, un des jours de ce carnaval, être bien mis dans un bal.... {Desrognures est éUmné,) Cela vous surprend? Mais qu'y a4-il donc là d'éti*ange , que je prenne un à-compte d'une soirée sur un habit qui doit m'appartenir? Vous êtes étonné de peu de chose.
DBSBOGNUBBS. — C'cst quc, si jc le fais à votre mesure, il ira mal à M. de la Cautelle.
LA BUSB. — Et pourquoi cela?
DBSBOGNUBBS. — Vous étes bien plus grand.
LA BUSB. — Vous direz que le dernier goût est de porter les habits un peu plus Icnags.
DBSBOGNUBBS. Vous étes bicu plus gros.
LA BUSB. — Vous direz que la mode est de porter les habits très^arges; que c'est plus commode...
DBSBOGNUBBS.— Mais, s'il va se trouver mal habiUé?
LA BUSB. —Je lui dirai qu'il est bien.
DBSBOGNUBBS. — S'il me laisse l'habit pour mon compte?
LA BUSB, impatienté.-^ Ahl voilà bien des objections... Eh bien, je vous déclare que, s'il me va mal à moi, je le ferai rebuter; et je trouverai le moyen de faire connaître la mauvaise qualité de votre dn^, et le ridicule de votre coupe toute bourgeofee. Je veux Tes-