ACTE IH
frayeur m'avait saisi? Suis-je fou? M^étonner comme cela de rien y lorsque je triomphe ! Qu'on se prépare à m'accompagner pour recevoir le roi à l'entrée du Louvre.
LA. CAssiNEL. — Lc roi sera ici dans une demi-heure : il est gai et riant. Le peuple est dans un mouvement extraordinaire.
LE DAUPHIN. — Chancelier, puisque nous avons encore une demi-heure, metton&-la à profit. Asseyez-vous là.
LE CHANCELIER s^ossîed devoTil utic (able, et prend une plume. — Je suis à vos ordres.
LE DAUPHIN. — Chancelier, prenez note de ce que je vais vous dire :
i° Mettre sous les scellés les trésors de madame ma mère;
2" Faire un discours au parlement, pour annoncer que je me fais superintendant des finances. N'épargner ni ma mère , ni mes on- ^cles, ni mes cousins, quand vous parlerez du désordre des finances (*).
Et, avant tout cela, expédiez à la reine une lettre...
LE chàrcelieb. — Une lettre de change ! cela regarde le trésorier...
lr DAUPHIN. — Non , une lettre d'exil. Je l'exile à Tours. De plus, j'exile
Le comte d'Armagnac à Orléans;
Le duc d'Orléans à*Mehun-sur-Yèvre ;
Le duc de Bourbon à Corbeil;
Le duc de Berri..., à Bourges... Non, je
(*) « Le Dauphin , en prenant possession du gou- « vernement, s*était fait remettre, par une déclaration « authentique, la surintendance absolue du royaume, « objet essentiel pour un prince prodigue. 11 lit an-
• noncer ses intentions dans une assemblée à laquelle
• furent appelés le prévôt de Paris , celui des mar- « chands, Funiversité, et les principaux bourgeois. « Le nouveau chanc«lier de Guyenne retraça toutes « les déprédations commises dans les finances, de-
• puis le commencement du règne, par tous les prin-
• ces qui avaient eu part à Tadministration ; aucun « ne fut épargné. Les ducs d*Anjou, de Berri, de Bour- « gogne et d'Orléans furent introduits successivement M dans ce tableau des désordres publics. L'orateur les « accusa d'avoir dissipé les trésors du roi. Il termina « son discours en déclarant que monseigneur le Dau- « phin, duc d'Aquitaine, ne voulant ^Itu swiffrir une
• si grande destruction des biens de ce royaume, avait M résolu d*y pourvoir lui-même. « (Villaret, Histoire de France, t. XIII, p. 333.)