‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 421 sur 478 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

M. LEDUR, HOUGOTTE.

uouGOTTB. —Monsieur, voilà une lettre qu'on vient d'apporter pour vous.

M. LBDUB. — De la part de qui ?

BouGOTTE. — J' crais ben qu'elle vient du presbytère.

M. i^DUB. — Oui, c'est récriture de mon bon voisin, le curé Dudouit. Qu'est-ce qu'il m'écrit? [H lit,) « Mon cher monsieur, je vous a remercie au nom des pauvres de ma paa roisse... (// continve des yeux seulement,] a J'ai réfléchi, mon cher monsieur, sur le suce jet de notre conversation d'hier. Je suis pera suadé, conune vous, que Fhabitude où sont « la plupart des gens de ce pays-ci de courir a les foires des environs, est une des princia pales causes de la misère qui afflige leurs a familles. D'abord, ils ne gagnent rien quand (( ils sont loin de chez eux; ensuite ils dépena sent, au moins, une partie de ce qu'ils ont « gagné les jours précédents. Pendant leur « absence, leurs femmes découragées n'ont a pas le cœur à leur propre ouvrage. Les en- « fants, qui n'ont sous les yeux que la fainéan- <c tise de leurs parents, se mettent à rôder dans a les jardins et à les piller; ou bien ils tendent a hcmteusement la main aux voyageurs et aux « passants. Ainsi, la dissipation des pères ente gendre non - seulement la pauvreté, mais a aussi les vices des familles. Il y a longtemps

Page 1