‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 431 sur 478 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HOUGOT, LE GARDE.

HotGOT. — Tout ça, c'est ben bon pour amuser monsieur et sa compagnie... Mais, écoute-moi, mon gars.

LB GAROB. — Qu^est-ce que c'est, père Hougot?

HouGOT. — Tu , tu n'm'veux pas faire de mal , n^est-ce pas?

LB GABDB. — Gommeut donc ! moi , vous faire du mal ! Et qu'est-ce que dirait mam'zelle Hougotte?

HouGOT. — Oh! je pense ben... T'es un bon enfant, toi; t^es mcilleux que ton père .. C^est que, pourtant, si v'm'laississiez tomber tout d'un coup par terre, n'en fau... faudrait pas davantage pour casser mes sabots.

LB GARDB. — Casscr VOS sabots! Dieu m^en garde!

HouGOT. — Peut-être pas mes sabots, mais au moins mes jambes.

LB GARDB. — Oh! ellcs sont solides, vos jambes.

HODGOT. — Et quand v'n'me casseriez que les reins !

LE GARDE, tiafU. — Soycz donc tranquille, père Hougot.

HOUGOT, fâché. — Tu ris ! mais c'est que j' n'badine pas, moë. G*est un mauvais badinage ' que de faire ca-casser les reins à z'un homme qui n'a qu'ça pour vivre.

LB GARDB. — Mais, jc uc badluc pas.

BouGOT. — Faut, mon gars, que tu me promettes de n'me pas laisser tomber par terre, comme un sac de charbonnier, quand on z'aura tiré Pftne de dessous moe.

LB GARDE. — JVi'promots, pèrc Hougot, foi de Ruziers. Non, jVlaisserons pas tomber par terre, quand l'âne sera tiré d'entre vos jambes. Êtes-vous tranquille à présent?

HOUGOT. — G'est ben ; pis que tu le promets, foi de RuzierSy je te crais.

LE GARDE. — G'cst euteudu?

HOUGOT. — Oui.

LB GARDB. — Et v'scrcz coutcut, pourvu que nous v'soutenions ben en l'air, tant que v'n'descendrez pas d'vous-méme?

HOUGOT. — Oui, oui, j'serai ben content com'ça.

LB GARDB. — Jc uc VOUS croyais pas si défiant, père Hougot!

HOUGOT. — G'est qu' vois-tu ben, mon gars, ça amuserait ben pus la compagnie de monsieur, si v'm'laississiez tomber sur mon dos, comme Tavont fait ces filoux d'Alençon, ous que tout le monde a tant ri I... et que moë j'n'riais point !

LE GARDE. — Oh! mousicuT LcduT a le cœur bon, quand même... J'sais ben qu'il n* rirait pas si l'on vous faisait du mal, ni sa compagnie non plus, j'crais ben. Enfin, suffit qu'on n\ous laissera pas tomber... Mais retenez ben, père Hougot, qu'v'n'en demandez pas davantage?

HOUGOT. — Mon Dieu, non ; pas davantage, j et j 'serai ben content com'ça.

Page 1