SCÈNE Vin
MADEMOISELLE ZIGUETl'E, M. FANFER- LUCHE.
M. FANFfiaLucuE. — Vous étos méchante, mademoiselle Ziguette I je n* avais plus qu'un mot, un petit mot à vous dire, et vous vous êtes sauvée. Je parie que vous le voyiez venir ce petit mot-là, et que vous l'avez bien entendu sans que je le dise. Convenez franchement que. . .
liADEMoisfiLLB ZIGUETTE. — C'cst votre faute, monsieur Fanferluche ; pourquoi ne pas dire, tout de suite, ce que vous voulez dire? Il semble que vous désiriez être interrompu par la sonnette, pour rester là, dans ma chambre, toute la matinée, sans avancer ni reculer.
M. FANFERLUCHE. — Si VOUS m'aviez encouragé, j'aurais été plus hardi ; mais, c'est qu'il paraîtrait que vous vouliez m'ôter le plaisir d*amener convenablement la demande que j'ai à vous faire, et m'obliger à la prédpter pour qu'elle manque de la délicatesse et même de la politesse nécessaires, pour que vous ne la rebutiez pas.
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Eh bien! à présent, voilà que nous disputons? et toujours dans ma chambre I Dieu merci , les gens de la maison auront le temps de savoir qu'il y a un monsieur dans ma chambre. Qu'est-ce qu'on pensera d'une demoiselle qui. . . Ah ! mon Dieu ! est-ce que madame n'a pas sonné?
M. FANFBBLucuE. — Nou, nou ; madame s'est rendormie; nous avons lo temps.
MADEMOISELLE ZIGUETTE , étonnée. — Et
comment savez-vouscela?
M. FANFRHLucHE. — Jc Ic saîs, parce que je le désire. (// regarde mademoiselle Ziguette en facCf et lui dit avec un grand sérieux:) Mademoiselle, si ma proposition vous est agréable, ma chère mère ira fairp la demande en règle à madame la marquise, votre marraine.
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — QucUc prOpOSi-
tion?
M. FANPEELUCHE. — D'avoir rhonneur de vous épouser. .
MADEMOISELLE ZIGUETTE. Surprise , émotion, embarras. — De m'épouser! C'est pour moi qu'est l'honneur; mais je ne sais pas, moi, ce que je dois répondre. Je n'ose pas répondre sans la permission de madame.
M. FANFEELucHE. — Jc VOUS l'ai dit, Hia chère mère se charge de la demander ; mais, moi, je demande ce que dit votre cœur de ma proposition; sMl y est sensible, s'il consent que je vous aime?... Vous ne répondez pas? Cest que vous ne réciproquez donc pas à mes sentiments !
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — C'cst qUC je SUIS
bien jeune pour penser au mariage.
M. FANFERLUCHE. — Si votre cœuT est sensible, mademoiselle, c'est qu'il est temps. C'est là (mettant le doigt sur son cœur), qu'on sent cela.
MADEMOISELLE ZIGUETTE. Et d'aillCUFS,
moi , je n'ai rien.
M. faufebluche. — Est-ce que j'ai quelque chose, moi? Quand on a de la jeunesse et bon courage, et le sentiment, on ne manque de rien. Ma chère mère a pensé à cela. Vous avez une bonne place, elle dit que j'en aurai une. Répondez-moi donc sur votre sentiment pour moi.
MADEMOISELLE ZIGUETTE, uvcc embarras. — Monsieur Fanferluche. . .
M. FAUFEBLucHE. — A pTopos de Fanfcrluche, j'oubliais de vous dire, qu'à compter de votre consentement, je ne m'appellerai plus Fanferluche , qui est un petit nom d'enfant que m'a donné madame la marquise. C'est trop nigaud : Fanferluche.
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — C'CSt UnC bien
mauvaise coutume d'appeler les enfants de petits noms nigauds : ça leur reste.
M. FANFERLUCHE. — MoU DicU, OUi, Ça loUf