‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 52 sur 478 · LA DUCHESSE D'ORLÉANS, LA DUCHESSE D'ALENÇON · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE D'ORLÉANS, LA DUCHESSE D'ALENÇON

Là DUCHESSE D^OBLÉANS. — VoU8 TOC tfOU-

vez un peu d'idolâtrie pour cet enfant, n'est-ce pas?

LA DUCHESSE d'albnçon. •— La tendfesse d'une mère peut aisément y ressembler.

LA DUCHESSE d'oblsans. — Ne remarquczvous pas en lui un changement, et à son avantage î il a pris un air de gravité.-

LA DUCHESSE d'alerçon. — D'autorilé, ce me semble... et cet air ne vous déplaît pas, peut-être?...

LA DUCHESSE d'oBLBANS. — Il S6 CFOit UU

homme fait.

LA DUCHESSE d'aLETIÇON. — Ou plutôt UD

homme puissant.

LA DUCHESSE d'oblbans. — Flaucé depuis cinq ans, il se voit marié, père de famille. (Elle rit.)

LA DUCHESSE D^ALENçoN. — Gendre da roi, héritier de la eouroime, il se voit sur le trône. [A part.) Et madame sa mère l'y voit aussi.

LA DUCHESSE D^OBLi^AiNs. — La petite fête que j*ai ordonnée pour ce soir...

LA DUCHESSE d'alençon, vtvement. — Ah?

Madame, ne parlez plus de cette fête. Le roi lui en a destiné une autre qui n'est pas gaie.

LA duchesse d'obléans. — Quc voulcz-vous dire?

LA DUCHESSE d'aleixçon.— Une triste féie !...

LA DUCHESSE d'obLBANS. — Lc roi ! . . . VOUS

me faites frémir I

LA DucHEssB d'alençoh. — Cet eufaut ne s'est-il pas avisé d'écrire à Madame qu'il voulait aller la voir cette nuit? La lettre a été interceptée, remise au roi, qui me la fait passer avec Tordre de punir le duc. [Elle remet la lettre à la duchesse.)

LA DUCHESSE d'obléans, après Vavoir lue^ — Quel enfantillage !

LA DUCHESSE d'alençon. — C'est re qae j'ai dit.

LA DUCHESSE d'oBLBARS. — Et qUClIC pU-

nition le roi a-t-il ordonnée?

LA DUCHESSE d'aLENÇOIV. — Lc foUCt.

LA DUCHESSE d'oblbahs. •— Le fouetl le fouet à mon fils ! et aujourd'hui !...

LA DUCHESSE D*ALBNÇON. — > AujOUrd'hUB

même.

LA DUCHESSE d'obléans. — Je vdis parler au roi.

LA DUCHESSE d'alekçon.. -^ S'il cst irrité*^...

LA DUCHESSE d'obléans. — Eh! qu'importe au roi une étourderie d'enfant? Porter en cachette des confitures à sa cousine! le beau motif de colèire pour un puissant roi!... Mais vous... ma chère duchesse, je ne vous reconnais pas à votre sérieux...

LA DUCHESSE d'alemçoiv. — Et la couroHue que le duc se promet et qu'il annonce à sa fiancée! Gardez-vous d'aller au roi. Il a accablé mon père, le père de cet enfant, votre mari; il l'a fait mourir de chagrin par ses duretés, pour avoir intercédé en faveur du duc de Bretagne. Il veiTa, déjà peut-être il voit revivre dans le jeune Louis d'Orléans la faction des Orléans , des Armagnacs , des Nemours, qu'il a si cruellement poursuivis. Croyez-moi, madame, évitez au roi toute contrariété; il faut laisser oublier la faute de l'enfant, et non en inculquer le souvenir par la moindre résistance...

LA DUCHESSE d'obléans. — • Et que devient la fête annoncée, ordonnée pour ce soir ?

LA DUCHESSE d'alençon. — Il me semble impossible qu'elle ait lieu. Le roi croirait qu'on le nargue. Fêter le aoir le prince qu'il fait punir le matin !

LA DUCHESSE d'obléans. — Mais la décommander, retirer les invitaticMis, c'est puUier la honte de mon fils. Je veux écrire au roi, lui demander grâce, et, s'il ne l'accorde pas, recevoir ses ordres sur la fête préparée.

LA DUCHESSE d'alençon. — PeuWtre ferfczvoiis bien de voir avant tout l'abbesse de Fontevrault.

la duchesse d'obléans. — Vous avez raison. Je cours la chercher. Si je ne puis la rencontrer, je hii laisserai une lettre que je vais écrire par précaution. . . J'oubliais ! ... Ma chère, îl est bien entendu qu'il faut garder le plus profond secret sur tout ceci. (Elle sort)

««> LE FOUET DE NOS PÉRÈS

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