SCÈNE V
MONTENAC, HENRIETTE.
HENRIETTE. — J'apportc uuc lettre de jna* dame la duchesse pour monseigneur.
MONTENAC — Je sais ce que c'est.
BENBiETTE. — Et moi aussi.
MONTENAC. — C'cst moi, ma chère, qui vous ai valu cette commission. J'ai pensé que vous seriez bien aise d'avoir une occasion de voir monseigneur.
HENRIETTE. — Jc m'cu scrais bien passée, et je ne sais pourquoi on me donne cette com* mission quand on m'a refusé celle de le punir ^ de celle-là je m'en serais chargée volontiers.
MONTENAC. — CoHuneutî... Vous?
HBNRiBTTi. — Oui, moi. (il part.) Le sot, qui ne voit pas ce que je veux dire !
mortbkàc. — Je vous croyais tant d'affection pour lui! £t vous vous seriez chargée de le punir ! vous qui pleuriez tantôt de le voir passer entre les mains des hommes !
HBNB1ETTE. — Eh bien! est-ce que Famitié empêche...? Ah! le prince est quelquefois bien méchant, croyez-moi.
MONTBNAC. — Aiusi VOUS Fauriez...?
HBRBiBTTB, à part. — Lc sot, qui ne devine pas ! (ffauL) Ah ! de la bonne manière !
MONTENAc. — Eh Wcn ! ma chère Henriette, soyez tranquille; il ne perdra rien au change. Puisque votre intention était de ne pas l'épargner^ soyez sûre que l'on n'ira pas de main morte.
HBNfiiETTE. — Commcut douc?
' voNTEif Ac. — Je connais, ma chère, celui . qui doit administrer la correction ; et puisque vous voulez qu'elle soit de bonne façon, comptez sur lui; je lui ferai savoir votre intention. Trop heureux, ma chère Henriette, de pouvoir faire quelque chose qui vous soit agréable !
HBNBiBTTB, avcc joie. — Ah! vous connaissez la personne qui... et vous êtes sûr qu'elle fera t»en les choses?
MOivTBNAC. —Sûr, très-sûr qu'il se conformera à votre intention.
HinBiETTB. — Oh, que vous êtes aimable !
MORTBNAG, à part. — Chère petite!
HBNBiETTB. — Jc VOUS cmbrasscrais volontiers pour lui.
MONTBNAC, à part. — Charmante !
HBNRIETTB. — QUO VOUS ôtCS bOU !
xoNTEHAc. — - Eh bien! il faut m'embrasser pour lui et pour moi.
HEiîBiETTB. — Et pouT vous!... ah! pour VOUS I... Vous me faites rougir !
xoRTBNAc. — Oui, pour moi, belle Henriette.
HENBiETTB. — - N'y a-V41 pas de la conséquence?... Vous êtes si aimable I
xoRTENAG , à part. — Charmant embarras!
délicieuse !... délicieuse ! ( Haut.) Eh bien, ma chère Heoriette, je ne veux avoir rien de caché pour vous;^ mais, de grâce, que ce que je vais vous dire reste entre nous. Je vous confie que c'est moi qui ferai l'expédition. Mais je serai masqué, afin que le prince et tout le monde ignore qui en est chargé ; et je compte sur votre