‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 102 sur 359 · ÉTABLI · texte numérisé non relu

ÉTABLI

sous FRANÇOIS T.

INTRODUCTION

On répète souvent cette conclusion du jugement porté par Anquetil sur François I*' : « Ses défautsn'ont affligé que son siècle^ et nous jouissons des fruits de ses bonnes qualités, »

Anc[uetil^ et la plupart de ses lecteurs^ se sont persuadé que cette conclusion caractérisait un règne dont la probité interdit Téloge, et pour lequel^ néanmoins^ la sQvérité parait difficile, ne fût-ce que par le défaut d'exemples qui y disposent.

* On se flatte bonnement de satisfaire la justice, en avouant, d'abord, que ce règne a été une calamité pour la partie du seizième siècle à laquelle il s'étend ; et en avançant, ensuite, qu'il a jeté dans la nation des semences de bien dont les siècles suivants ont opéré le développement, et auxquelles nous devons aujourd'hui de douces et nobles jouissances.

Quand j'ai parlé de cette opinion à la fin de mon Mémoire concernant François I", j'ai craint d'en trop dire ; je vois, par les observations qui m'ont été faites, que je n'ai point dit assez, et je reprends la récapitulation de quelques parties de ce règne.

Quels furent, donc, les défauts et les bonnes qualités de François I" ? quelles furent les ca* lamités dont ses défauts affligèrent son siècle?

et quelles soùt les jouissances que nous devons à ses bonnes qualités?

« Ce prince , dit Anquetil , était indiscret jusqu^à IHmprudence , légeTy imprévoyant; il fit des femmes de sa cour de^ objets de scandale; il avait l'amour du luxe et des plaisirs . voilà ses défauts. Les fêteSy les spectacles^ le faste de sa cour lui coûtaient autant que la guerre; ses guerres et ses négociations /wr^^ toutes aussi malheureuses les unes que les au^ très: voilà ses fautes. En revanche, dit toujours Anquetil , il était affable , éloquent , loyal; il aimait les sciences; il affectionnait et honorait les savants ; il avait des mœurs douces et polies : telles furent ses bonnes qualités. La politesse de sa cour, à laquelle nous devons la douceur et Télégance de mœurs qui fixent sur la France les regards charmés des étrangers ; la restauration des lettres, l'essor qu'elles ont pris, la hauteur où notre littérature s^est élevée et se soutient depuis près de deux siècles : tels sont, selon Anquetil, les heureux fruits de ses bonnes qualités, dont nous jouissons. »

Indiscret, léger, imprévoyant, fastueux, galant, dépensier, que tout cela nfe s'appelle que des défauts dans un roi, j'y consens; que toutes les disgrâces méritées d'un négociateur décrié, et les revers d'un guerrier présomp-

INTRODUCTION

tueux et malhabile^ s'appellent des fautes , quand il s'agit d'un roi , j'y souscris encore , pourvu que cette indulgence ne passe pas dans la morale publique.

Mais pourquoi Anquetil oublie-t-il dans son résumé la crapule qui souilla la vie privée de son héros^ ses manques de foi^ ses habitudes despotiques^ son esprit persécuteur^ sa cruauté dans la tyrannie? Sont- ce là de simples défauts? ne sont-ce pas des vices? Pourquoi l'auteur oublie-t4l le mépris des lois de TÉtat^ si bien prouvé par la dégradation des corps poliques et judiciaires; Icts entreprises sur la propriété par Pimpôt arbitraire, par l'envahissement du trésor public; l'oppression des consciences par les persécutions religieuses, par des condamnations capitales arbitrairement prononcées, par des violences directes personnellement exercées, par la férocité inouïe d'exécutions ordonnées contre des innocents? Sont-ce là des fautes, ou des crimes? La raison , la justice , la morale permettentelles de pallier les vices sous le nom mitigé de défauts, et d'adoucir Phorreur du crime par la simple qualification de fautes?

Des bonnes qualités qu'il plaît à l'auteur d attribuer à François I", plusieurs lui ont été absolument étrangères, notamment la loyauté et la franchise : il a même été atteint des vices opposés. Fut-il franc et loyal, quand il éluda le combat singulier que lui-même avait proposé à Charles- Quint (1)? L'était-il, quand, eft présence de seigneurs italiens, avec qui il avait fait un traité, il molesta et humilia le parlement qui en refusait la vérification , et ensuite encouragea secrètement l'opposition des magistrats, les priant de prendre sur eux l odieux d'un refus qu'il ne fallait pas^ disaitil, qu'on lui imputât? L*était-il, quand il sacrifia à Léon X les petites puissances d'Italie, à qui il devait en grande partie la conquête

(1 ) Le duc de Wellington a en sa possession une casseUe qui renferme, en original, l'opinion de tous les grands et illustres guerriers de l'Europe entière, consullés par Charles-Quint sur celle de François I**" dans cette affaire. Je liens d*un officier général attaché au duc de Wellington *, et qui a lu tous ces écrits, que le sentiment unanime dos personnages consultés s'accorde avec l'opinion que j*ai exprhnée à ce sujet dans mon Mémoire.

* Le général espagnol Alara.

{IVote de l'éditeur.)

du Milanais? L'éiait-il, quand il faisait assurer, aux protestants réunis à Smalcalde qu'il n'avait jamais fait brûler de protestants d'Allemagne , parmi les hérétiques dont le supplice avait é]>ouvanté le monde?

Au lieu d'avoir affectionné et honoré les savants, il en a été le persécuteur ; au lieu d'avoir favorisé cet essor des esprits qui fait depuis près de deux siècles la principale gloire de la France, il l'a retardé, non-seulement par la tyrannie qu*il a exercée sur tous les hommes dé son temps qui étaient dignes du nom d'hommes de lettres, mais aussi par la protection exclusive qu'il a donnée aux écoles infectées de la scolastique : long et puissant obstacle aux progrès de la raison humaine, qui n'a cédé que longtemps après à la Méthode introduite par le génie de Descartes, heureusement plus puissant que les traditions de François I*^

La douceur et la politesse des mœurs datent en France de la régence d'Anne de Beaujeu, après la mort de Louis XI , et du mariage d'Anne de Bretagne avec Louis XII. La pureté ' et la décence des mœurs étaient jointes alors à leur aménité, et cette union en faisait l'élégance. François I" en retrancha la décence et la pureté; il y substitua la corruption et l'effronterie, et, nous a transmis, sous le titre de douceur des mœurs, le dégagement de toute pudeur, et, sous le nom d'élégance, la galanterie qui s'est approprié tous les vices et a renversé la morale : .vérité affligeante que je tâcherai de mettre en évidence.

Est-il surpi^enant, après un résumé aussi peu exact des traits caractéristiques de François 1«% de voir Anquetil conclure, comme il fait, que ses défauts n*ont affligé que son siècle ?

Ah ! n'eussent-ils affligé que son siècle, si l'on remarque comment et à quel point ils l'ont affligé, pourra-t-on lui tenir compte de quelques qualités agréables, mais futiles, qui sont assez mal constatées, et par lesquelles il a, dit-on, contribué à nos jouissances actuelles, qui toutefois ne pouvaient nous échappera

Qtie son siècle/ Quelle légèreté, je dirais volontiers quelle inhumanité dans cette expression 1 C'est dans le siècle de François !•', durant son règne, à la suite de son règne, qœ quarante années 4e guerres civiles ont affligé la France; qu'on a vu les exécutions de Testrapade, les massacres de Cabrières et de Mérin-

INTRODUCTION

dol^ de Vassy^ d'Amboise, de la Saint^Barthélemy ; Tassassinat de François de Guise^ de Pamiral de Goligny^ de Henri da Guise; Tempoisonneinent de François II y l'assassinat de Henri III^ auquel on pourrait ajouter celui de Henri IV^ arrivé au commencement du siècle suivant par suite des mêmes causes. Tous ces événements, inévitables effets des désordres du clergé^ résultant eux-mêmes du concordat; ces événements, causés pai* la violence du parti qui voulait la réforme , et par la résistance du clergé et de la cour qui s.'y opposaient; toute cette longue chaîne de calamités, dont le premier anneau est scellé dans la cour de François !•% ne s'étend-elle pas assez durement sur la seconde partie du seizième siècle pour que cette période ne soit pas regardée comme si courte par les historiens, ayant paru si longue à la souffrance des peuples ?

Mais peut-on croire que les défauts de François V^ n'aient affligé que son siècle, quand on voit s'ouvrir sous son règne, sous ceux de son fils et de ses petits-fils, tous dirigés par Catherine de Médicis , sa bru chérie, son élève et son admiratrice, les sources profondes des plus longues calamités qui puissent dégrader et tourmenter les peuples; quand on voit Firruption du pouvoir absolu sur la propriété, sur la liberté civile et politique, le déchaînement du fanatisme et de la persécution sur les opinions religieuses , enfin, le débordement des vices d^une cour corrompue sur les mœurs nationales?

Les règnes des quatre derniers Valois furent^ils autre chose que la continuation du règne de François P'? Ils héritèrent de sa cour, et, par cette raison, de ses mœurs, de son caractère. Héritiei-s de sa cour, de ses mœurs et de son caractère , ils le furent aussi de ses lois, de ses traditions, de ses exemples. Ses mœurs, son caractère , ses lois, ses traditions acquirent un développement funeste à mesure que la difficulté et la gravité, toujours croissantes des circonstances, provoquèrent leurs passions et leur pouvoir. Ce qu'ils ont faiJt dans leurs positions diverses, c'est ce qu'il eût fait lui-même; tous leurs actes sont des effets des mêmes causes agissant dans d'autres circonstances, des conséquences des mêmes principes appliqués à des cas différents. L'exil des protestants, leur dispersion dans

toute l'Europe sous le règne de Louis XIV, les dragonnades, le massacre des Cévennes, n'ontils pas été le complément des proscriptions signalées sous François I*' par les supplices de l'estrapade, les massacres de Cabrières et de Mérindol : hautes œuvres du monarque poli, affable, éloquent et loyal, à qui nous devons la douceur de nos mœurs et la politesse de nos esprits? Louis XIV et Louis XV créant des impôts sans le consentement des peuples exprimé dans une assemblée d'états généraux; Louis XIV allant au parlement de Paris, en bottes et le fouet à la main , pour faire enregistrer en sa présence ses lois spoliatrices; Louis XV faisant investir de troupes toutes les cours du royaume pour l'enregistrement des siennes, faisant arracher du sanctuaire de la justice, par ses satellites , les magistrats qui résistent au pouvoir arbitraire, n'ont-ils pas été les continuateurs du prince poli , affable, qui osa menacer les magistrats, chargés de lui porter à Amboise les remontrances du parlement contre le concordat , de les faire jeter pour six mois dans un cul de basse-fosse , s'ils ne retournaient incessamment à Paris, nonobstant le débordement de la Loh*e, qui leur en fermait le chemin?

Les lettres de cachet qui , sous Louis XV, menaçaient toutes les têtes, ne paraissentelles pas, à peu près, irréprochables quand on les compare à ces lettres de sauvegarde que Françx)is I" donnait aux femmes infidèles contre l'autorité de leurs maris, et qui imposaient à ces maris la patience du plus indigne outrage?

La longue spoliation du trésor public en vertu de simples ordonnances signées du roi , sans désignation de l'emploi des fonds; cette spoliation tournée en habitude sous les règnes de Louis XrV et de Louis XV; le scandale des profusions qui en étaient le principe et la conséquence, et enfin l'insuCBsance des recettes publiques, reconnue en 1789, pour subvenir aux charges accumulées sur l'État par ces profusions; tout cela ne procède-t-il pas de deux abus introduits par François P' : la confusion du trésor public avec le trésor du prince, dont jusque-là il avait été au moins distinct, après en avoir été totalement séparé, et la disposition arbitraire de l'un et de l'autre?

Les commissions arbitrairement nommées

INTHUbUCTlON.

sous les règnes de Louis XHI, de Louis XIV et de Louis XV, soit pour absoudre des coupables que les tribunaux auraient punis, soit pour condamner des innocents qu'ils auraient absous, ne procèdent-elles pas de celles qui, durant le règne de François I", jugèrent le surintendant Semblançay, le connétable de Bourbon , Tamiral Brion , le chancelier Poyet, Montecuccoli (1), et tant d'autres? Ne sontelles pas des conséquences du système qui, sous ce règne, travestit les tribunaux mêmes en espèces de commissions, en y intix)duisant des magistrats auxquels le choix du roi tenait lieu des élections et des examens, si religieusement consacrés par Louis XII, le Père du peuple?

La corruption du haut clergé durant les dixseptième et dix-huitième siècles, la résidence habituelle des cardinaux, des évoques et archevêques à la cour ou dans la capitale, le délaissement des diocèses confiés à leurs soins, la licence de leurs mœurs, Teffronterie de leur luxe favorisé par la pluralité des bénétices : tous ces scandales que nous avons vus portés au dernier excès, depuis les derniers Valois jusqu'en 1789 presque sans interruption, ne procèdent-ils pas et de l'abolition des élections ecclésiasiiques opérée par le concordat de François I«^ avec Léon X, et de la composition de celte cour de France, oii Charles- Quint s'étonnait de voir, parmi tant de femmes, tant d'hommes d'Église?

Enfin, les mœurs nationales avant la révolution, celles des règnes précédents, ne sontelles pas la suite de celles de la cour de François 1"? Les nôtres, môme aujourd'hui, n'en portent-elles pas encore l'empreinte? Si, jusqu'à la révolution, nous avons vu l'esprit de famille devenu étranger à toute la partie riche de la nation, et comme anéanti pour elle, par l'esprit de galanterie et par ^incontinence publique ; si nous avons vu l'adultère hautement avoué, on peut dire môme en honneur; les pères en doute des droits de leurs enfants à leur tendresse et à leurs soins, craignant le ridicule attaché aux méprises entre leurs en-

(1) Daos moo Mémoire sur François l'i-, où j'ai écrit le nom de ce malheureux d'après les historiens, je l'ai nommé MonUcucullo; son véritable nom est Montecuccoli.

fants et les enfants de leurs femmes, que l'opinion sans pudeur distinguait des leurs; se faisant un principe de la dérision de tous les principes; cherchant, trouvant de solides raisons pour autoriser la légèreté des sentiments, la vanité des habitudes : à quelles causes attribuer cette subversion des principes fondamentaux de la société, si ce n'est à l'exemple de la cour depuis François I*^? Les vertus privées de Louis XVI ne préservèrent pas la sienne de la licence que le règne de Louis XV y avait comme fondée : et qui pourrait dire que les maîtresses de Louis XV ne furent pas autorisées par celles de Louis XÎV, celles de Louis XIV par celles de Henri IV, celles-ci par les maîtresses des quatre derniers Valois, et ces dernières, enfm,par celles de François I**^, au delà duquel on ne trouve pas, dans l'histoire des rois de la troisième race, le scandale de maîtresses avouées, et placées au preufiier rang à la cour (I)? Les du Barry, les Pompadour, les la Vallière, les Fontanges, les Montespan, les marquise de Vemeuil, les duchesse de Beaufort, et tant d'autres rivales de nos reines , n'eurent-elles pas pour patronnes et pour modèles la duchesse d^Étampes, la comtesse de Châteaubriant et Diane de Poitiers, ces fameuses maîtresses de François 1", dont la dernière fut aussi, et sous ses yeux, la maîtresse de Henri U, son fils?

Ce fut à l'exemple des rois que les grands, depuis François P% eurent hautement des maîtresses, des petites maisons , et mirent le mépris des engagements légitimes tellement à la mode , qu'à la fin du règne de Louis XV, il n'y avait bourgeois, un peu aisé, qui ne rougît

(1) La Cassinel, maîtresse du Dauphin, fils de Charles VI ; Agnes Sorel , maîtresse de Charles VII, n'avaient point de rang à la cour : leur désordre était connu, mais n'était pas honoré, et par cette raison n'avait point d'influence sur les mœurs générales. Isabelle de Bavière, fenmie de Charles VI, élait une dévergondée; mais elle était traitée comme telle; le peuple l'appelait la grande gaure : preuve du mépris attaché de son temps à rincoutinence. Remarquez, d'ailleurs, que ces femmes sont de plus d'un siècle antérieures à François I"'; et que durant les règnes qui précédèrent hnmédiatement le sien , je parle des règnes de Louis XI, de Charles VIII et Louis XII, on ne vit point de maîtresses disputer, même dans la vie domestique , le cceur des princes aux épouses Intimes.

INTRODUCTION

de donner le bras à sa femme en public ; ni si petite bom*geoise^ un peu agréable, qui ne rougit de se laisser voir sans uù amant : dépravation qui, ensuite^ alla au point de ne pas permettre même à* aimer sa tnaitresxe (1).

La révolution a mis fin à plusieurs de ces désordres^ et nous aimons à penser que rien n'en retrace aujourd'hui les plus graves. Cependant il ne faut pas se flatter que toutes les traditions des mœurs anciennes soient complètement effacées.

Si la nation manque toujours de cet esprit mâle qui donne la sûreté^ la force, la persévérance nécessaire dans les affaires publiques; l'activité, la constance, l'économie, la modération, qui seules assurent les succès des entreprises particulières; si elle manque, même dans les classes élevées, de cet orgueil qui dédaigne les petites gloires, les pelits honneurs, les petite^ réussites, les petits plaisirs; si quelque chose d'efféminé perce toujours dans un Français ; enfin, si nos mœurs politiques sont mollesetpresquelâches,nosmœurs sociales toujours vaines, nos mœurs domestiques toujours légères, et par leur légèreté souvent cruelles : c^est l'inévitable fruit de cette galanterie qui, devenue depuis François I*^ le caractère national, donne, comme le dit Montesquieu, du prix à tous les riens, Pôte aux choses importantes, et produit l'oisiveté , le luxe et T intempérance.

Le nom respecté de Henri IV se rencontre parmi ceux des princes qui ont propagé le scandale des maîtresses déclarées, depuis François I". Ne glissons pas sur un reproche si grave avec la légèreté de quelques fades historiens, qui ne voient qu'une innocente galanterie dans la conduite de ce prince. Sa cour nVtr-elle pas été infectée de l'incontinence des derniers Valois? la dissolution de ce prince n'a-t-elle pas contribué, plus que son culte, à la longue résistance opposée par une partie de la France à sa légitime autorité? n'a-t-elle pas fortifié les oppositions de la Ligue, accrédité

(1) « n y a déjd longtemps, écrivait, en 1778, un Anglais à milord G..., qu'il n'était plus permis, à Paris, qu'aux bourgeois d'aimer leurs femmes. Les règles du bel air ^nt devenues plus sévères : elles ne permetlent pas même aujourd'hui d'aimer sa maîtresse. » Lctlr. de le Blanc, t. î, p. 375.

ses prétextes? et, enfin, la catastrophe qui a terminé la vie de ce roi malheureux, n'at-elle pas été le triste résultat de la folle et criminelle passion où le jeta sa longue habitude de plaisirs désordonnés (1)? Et la mort prématurée de Henri IV est-elle la dernière catastrophe qui puisse être imputée aux traditions de François?'? Qui osera affirmer que tous les souvenirs accumulés, en 1789, dans rçsprit de la nation, ne furent pour rien dans son indignation, lorsque Louis XVI lui demanda de nouveaux sacrifices pour couvrir des abus invétérés, dont il ne lui avait pas été donné d'arrêter le cours? et nVst-ce pas à cette indignation que doit être imputé Tévénement qui a terni et attristé la fin du dix-huitième siècle ?

En ramenant la proposition d'Anquetil à ses éléments positifs, on peut la traduire ainsi :

Les défauts de François P*^ n'ont produit que le débordement des mœurs nationales, le mépris des droits et des garanties politiques, Tenvahissemcnt de la fortune publique, Tintolérance et la persécution en matières religieuses, quatre grands massacres , une guerre intestine de quarante années, l'assassinat de plusieurs grands personnages, la mort violente de quatre rois.

En compensation, les bonnes qualités du monarque nous ont donné la splendeur de la cour de France , la légèreté et l'aménité, qui sont les trompeurs attributs de la galanterie.

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