‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 106 sur 359 · PREMIÈRE RACE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RACE

testations en temps de paix, et commandaient les habitants en temps de guerre*

On donna des ducs aux provinces pour recevoir les appels des jugements des comtes, et commander en guerre les hommes des villes et des campagnes.

On fit un grand référendaire pour rapporter au roi les affaires générales, et mettre le sceau à ses volontés.

Enfin, on donna un ducaux ducs, et un chef à tous les officiers de la maison du roi^ sous le titre de maire du palais (i). Ce duc avait, outre le suprême commandement des armées, la surintendance des domaines royaux (2), sur lesquels se prenait la récompense des services militaires; il était chargé de la distribution des fiefs et bénéfices; enfin, il ordonnait tout ce qui regardait la sûreté du palais.

Qui déjà ne voit ici la cour du roi changer de face et de nature : d'abord, par l'établissement des fortunes particulières, par Tindépendance des nouveaux propriétaires qui se sont formés; en second lieu, par la formation d'ofBciers de la couronne^ dont les membres se partagent l'autorité, et dont chacun reconnaît Tautorité supérieure d'un maire du palais placé entre le prince et eux? Qui ne voit les officiers de la couronne dédaigner la fonction d'officiers de la maison, les hommes d'État négliger le service de la domesticité? Qui déjà ne prévoit le prochain délaissement du trône par ceux qui devaient en être les soutiens? Ajoutez ce que nous apprennent Favin et du Tillet, d'après les monuments, que tous les officiers de la couronne, sous la première race, avaient à ce titre rang, séan(^ et voix aux assemblées nationales (3) ; ajoutez encore que les officiers , au moins le maire du palais, duc des ducs, étaient électifs (4); ajoutez aussi, que les grands offices, qui d'abord n'avaient été donnés que pour un an, furent donnés pour la vie, vers la fin de

(0 Du Tillet.

(2) EspHt des lois, liv. XXXI.

(3) Les états, dit FaviD, ne pouvaient tenir sans eux. {Des officiers de la couronne de France, p. 7.)

(4) n est trës-présumable que tous les officiers do la couronne étaient électifs, ex virtule^ sous la première race. On voit, dans du Tillet, qu'ils Tétaient sous la troisième jusqu'à François V'%

la première race (i). Enfin, dites claii-ement des offices de cour cette vérité , qui , Ton ne sait pourquoi , n'a pas été articulée par Montesquieu, qu'ils finirent par être donnés en fief , à vie, conmie les offices de ducs et de comtes dans les provinces, avec des sujets, avec juridiction sur ces sujets (2), quelques-uns même avec des terres.

Les officiers de la maison devenus officiers de la couronne étaient réellement des officiers de la nation, non pour faire partie de la cour du roi, ni pour former une cour au roi, mais pour servir, près du trêne, de garanties contre le roi et contre sa cour.

Le résultat de ce système, qui était national, fut d'élever le duc des ducs, le duc électif, à la place du roi héréditaire, et de changer la dynastie. Ce n'était point une révolution; c^était, au contraire, une conséquence du système établi par la nation, et de l'inclination naturelle qui la portait constamment à reconnaître poiur chef son duc, plutôt que son roi ou régisseur. Cette inclination devint une volonté, dès que l'mdolence des rois eut laissé à d'autres le commandement des armées.

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