‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 178 sur 359 · CHAPITRE INIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE INIQUE

C'i'sl une erreur de croire que les gouverDéments s'attachent les hommes par la corruption et les séductions. — Exemple de Louis XII , qui s*attacba les Français par un moyen opposé. — Autre exemple tira du temps présent. — Exemples des révoltes qui résultèrent des laveurs aveugles de François I"' et (le ses iils , de leurs dilapidations en faveur des courtisans, et de leurs profusions vaniteuses. — La Ligne. — Le massacre de la Saint-Barthélémy. — La Fronde. — La révolution, les calamités qui ont accompagné ce grand et heureux événement — Les massacres de la Terreur, etc.

On a loué François !•' d^avoir soumis et enchaîné les grands de l'État par les délices de sa (îour, et parles séductions exercées sur leur vanité. Cet éloge renferme une erreur de fait et une plus grande erreur de principe.

(I) Quel autre sentiment fera que les vertus m soient que ce qu*il veut et comme il le veut? osera étendre au berner à sa fantaisie nos devtnrs dans la religion, dans la politique, dans la morale Posem demander à la vertu une certaine noblesse autre que celle qui lui est propre ? et sera le sophiste toujours prêt à justifier une mauvaise action, pourvu que cette cer» taine noblesse y ait mis son empreinte ?

Quelle autre passion que la vanité favoriserait

C'est une opinion fausse de croire que les hommes se gouvernent par la corruption ; nous en verrons la preuve dans un moment,

Attacher les peuples au monarque par des liens graduels est en soi très-bien, je veux dire

cette dissolution de mœurs étrangères aux républicains, et qu'on appelle galanterie, et rautoriscrail parce qu'à Vidée de galanterie est unie celle de conquête, qui, sans contredit, est une idée d*ane cerUàse noblesse?

Quelle autre pent approuver, disons mieux, admirer dans la politique la ruse et l'artifice, en considération de la grandeur de Fesprlt qu'elle suppose, ou de la grandeur des affaires .'

Quel autre permet la bassesse de l'adulatioD, quand elle est jointe à Vidée d*une grande fortune ? Quel autre peut allier le mépris pour la francMse de l'hovme du peuple, de Tbomme simple et vrai, mais grossier, avec l'admiration pour celle de rhonune du moade et l'homme de cour, parce qu'il est poli, et foire a celui-ci un mérite de n'être point sensible en condamnant dans l'autre la liberté ?

Quel autre peut inspirer la politesse, non conune un mérite de rendre la société agréable, mais conune un moyen de faire comprendre qu'on est delà covit ou quon est digne d'en être ; et celte modestie titperbe qui annonce une grandeur empruntée, et secoatracie par des communications habituelles avec un honase excessivement grand qui rend tous les autres petite-

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