‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 303 sur 359 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

L'aversion des érudits pour les conjectures, et celle des esprits sages pour le romanesque, ne peuvent aller jusqu'à méconnaître que cette parole du roi fait époque dans l'histoire de ses relations avec madame de Maintenon. Elle exprime un sentiment juste et vrai. On ne peut la confondre avec ces fadeurs que la galanterie se plaît à semer au hasard, sans en pré- \*oir, sans en désirer positivement des résultats. D'un autre côté , peut-on penser que l'accent de madame Scarron, dans Texpression de son chagrin, cet accent qui alla au cœur du roi , ne sortît du coeur de la gouvernante, dont la douleur n'était pas toute pour la perte de l'enfant, et s'était accrue d<î la douleur du père?

Mais, laissant décote des présomptions qu'il n'est pas donné à tout le monde d'apprécier, arrêtons-nous aux conséquences que le fait a dû amener.

^ Si les paroles du roi ne prouvent pas en lui l'éveil d'un sentiment nouveau, il est du moins certain qu'elles durent faire une vive impression sur deux personnes fort intéressées à les étudier, après les avoir entendues. Madame Scarron put, sans folie, concevoir l'espérance de toucher le cœur du monarque , et surtout en concevoir le désir ; et madame de Montes pan dut ressentir, dans son âme altière, une secousse de jalousie qui ne pouvait manquer d'avoir des suites.

Le 20 juin, naquit le comte de Vexin : ce fut un accroissement de peines pour la gouvernante , que la mort de madame la duchesse venait de soulager.

Dans le mois de septembre, le roi donne le gouvernement d'Amersfort au frère de madame Scarron. Le 19, elle écrit à d'Aubigné une lettre qui respire la reconnaissance , Tamour pour le roi, et le sentiment de la faveur toute particulière à laquelle d'Aubigné doit cette place. On y lit ce qui suit : « Le gouverjH nement d'Amersfort est un chemin à autre « chose. Faites donc de votre mieux pour le

ment. Qn ne peut reprocher un anachronisme à un roman historique; cependant, la transposition de cer* tains faits en change tout à fait le caractère, et leur fait perdre Timportance qu'ils tiennent souvent de leur enchair.emcnt à d'autres qui suivent ou qui préiîodent.

« service d'un roi qui, comme homme, le mè- <c rite. Je vous crois encore plus charmé de lui « que je ne le suis^ parce que vous avez vu de (c plus près ce qu'il a fait cette campagne, n a doit y avoir du plaisir à servir un héros et un « bienfaiteur. Marquez-moi le nom de ceux a qui vous protègent , ils ne s'en repentiront u pas (1). »

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