‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 311 sur 359 · CHAPITRE XXXll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXll

Année 1676 (suite de la huitième période). — Le roi donne> pour la première fois, à madame Scarron, le nom de madame de Maintenon. — Prédicalioos du P. Bourdaloue. — Nouvelle et éclatante séparation du roi et de madame de Montespan. — Fables accréditées sur les motifs et sur les circonstances de cette séparation. — Le roi va en Flandre , madame de Maintenon à Baréges avec les enfants, madame de Montespan à sa terre de Gagny. — Dépenses de madame de Montespan à Clagny. — Rapprochement du roi et de madame de Montespan. — Mort de Turenne. — Nouvelle séparation du roi et de madame de Montespan. — Madame de Maintenon revient de Baréges. — Faveur de madame de Maintenon.

L'année 1675 éclaircit beaucoup l'avenir, que pouvait espérer madame Scarron, et lui fit entrevoir sa destinée.

Le 7 janvier elle écrivait à Gobelin : « Mes « sentiments et me^ irrésolutions sont toujours a les mêmes. Il faut attendre le .temps du « voyage de Baréges, et le faire si le petit duc le « fait... J'ai grande envie d'aller à Idaintenon, « mais les maux de ces enfants me retiennent.»

Les irrésolutions concernaient raltemative de se retirer de la cour^ ou d'y continuer sa résidence. Elles étaient très-naturelles. Madame de Montespan, par ses plaintes, par ses insinuations, faisait varier sans cesse, non l'estime et l'aflection du roi pour la gouvernante, mais son accueil et sou humeur : celle-ci, confiante et dépitée tour à tour, suivant que les influences de la maltresse s'exerçaient pour ou contre elle. Sa fierté blessée se soumettait à Pintérét qu'excitait en elle la mauvaise santé des enfants confiés à ses soins.

Peu de temps après , un mot tout à fait inattendu, que le roi prononça tout simplement et conmie par habitude , marqua Pépoque d'un changement heureux dans la condition de la gouvernante. En lui parlant, il la nomma madame de Maintenon. « Il est très-\Tai , » écritelle, le 6 février, à madame de Coulanges, a que le roi m'a nommée madame de Maintea non, et que j'ai eu Fimbécillitéd'en rougir; et « tout aussi vrai, que j'aurais de plus grandes <f complaisances pour lui que de porter le nom « d'une terre qu'il m'a donnée. » Ce nom échappé au roi comme un mot dès longtemps usité, cette rougeur de celle qui le reçoit pour

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