LU AMIS DE LA PAIX
A. Oui, vous dis- je, je suis bien revenu de mes anciennes folies ; je désire ardemment la paix.
B. Heureux changement! Mais comment vous y prenez-vous pour la donner?
A. D'abord , je fais choix d'un grand et illustre général.
B. De Bonaparte?
A. Oui.
B. Vous l'employez comme négociateur?
A. Je lui donne une armée.
B. J'entends; pour donner du poids à...
A. ...A son bras... Je l'envoie en Italie....
B. Où vous assemblez un congrès?
A. Ou je relève tous les patriotes opprimés. . .
B. Par des stipulations d'anmisties?
A. Pour relever ensuite les républiques cisalpine, romaine, etc.
B. Ne suffirait-il pas de rendre, d'une manière ou de l'autre , l'Italie indépendante de la maison d'Autriche^ et les plénipotentiaires de Russie et de Prusse ne se chargeraient- ils pas d'une bonne partie de cette besogne ? N'y aeraient-ils pas aussi intéressés que la France?
A. U nous fout des républiques , et pour les avoir il n'y a d'autorités à employer que nos canons.
B. Les petites républiques refaites, corn*
ment les préserverez-vous, dans un dn, dans dix ans?
A. Avec nos canons.
B. Les républiques recommencées, que devenez-vous?
A. L'armée franchit le Tyrol , et Bonaparte marche sur Vienne. J'arbore le drapeau tricocolore sur les tours du palais impérial ; j'oblige le tyran de l'Autriche à courber son fronthumilié... je... je...
B. Mon doux ami , c'en est assez ; j'entends vos projets de paix. Maintenant, expliquez-moi comment vous auriez fait la guerre !
{Journal de Paris, du 4 brumaire an vin. — 3ft octobre 1799.)