SES MOEURS, SON CLIMAT, ETC
30 Propriétaires de fortunes à différeots degrés.
1<* Domestiques;
i 2« Journaliers de l'agriculture; Prolétiires. { S^ Journaliers de llndustrie manufacturière ;
\ 4» Mendiants.
Autres rapports de la société civile par rangs et dUtinctions.
Clergé, Noblesse
haute, moyenne , petite.
i Vivant noblement.
Bourgeoisie.
Canaille.
Autres rapports civils par religion.
Catholiques,
Protestants , Juifs, etc.
(Non terminé,)
Sire,
La grande maladie du royaume de Naples , celle à laquelle tiennent toutes les autres, c'est la paresse. Le mouvement extraordinaire de la capitale ne doit pas faire illusion sur cette vérité : ce mouvement a pour cause la multitude des hommes qui se partagent peu d'occupations, et non Tactivité de ces hommes mêmes.
La paresse est un effet naturel de la fertilité de la teiTe, qui produit presque sans travail ; du climat, qui, pendant trois mois de l'année, abat les forces au point de laisser à peine sentir des besoiQsqui pourraient ranimer les forces; nuiis les couvents ouverts à la paresse, redoublent la paresse, et autorisent, pendant toute l'aimée, ce goût d'oisiveté que la chaleur du climat excuse pendant trois mois.
La féodalité, qui réunissait les terres du pays et concentrait les richesses en un petit nombre de mains, qui faisait consommer d'immenses revenus en dépenses de pure ostentation , et peuplait d'immenses palais d'une foule de valets fiûnéants , ajoutait aussi son influence aux causes naturelles d*éloignement pour le travail.
La culture des terrefy dit Montesquieu (£.<fnt des Lois, liv. XIV, chap. vi), est ce qui donne le plus de tmvail aux hommes; plus le clijnat les porte àjuir le travail, plus la reli-
gion et les lois doivent y exciter. Ainsi y les lois des IndeSy qui donnent les tek bes aux pbinçes
KT ÔTENT AUX PARTICULIERS l'BSPRIT DR PRO- PRIÉTÉ, augmentent les mauvais effets du climai y c'est-à-dire la paresse naturelle.
Le inotMcA/xm^, ajoute-t-il (Esprit des Lois,
liv. XIV, chap. vu), y failles mêmes maux
Pour vaincre la paresse du climat , il faudrait que les lois cherchassent à ôter tous les moyens de vivre sans travail; mais, dahs le midi de l'Europe, elles font tout le contraire; elles donnent à ceux qui veulent être oi%ifs des places propres à la vie spéculative y et y attachent des richesses immenses. Ces gens qui vivent dans une abondance qui Uur est à chargcy donnent avec raison leur superflu au bas peuple; il a perdu la propriété des biens y ils l'en dédommagent parl*ofsireté dont ils le font Jouir, et il parvient à aimer la misère même.
Lorsque Votre Majesté a réuni aux revenus de l'État tant de contributions honteusement aliénées à des créanciers sous le nom d'arrendamentifiscaliy et, que pour dédommager ces créanciers^ elle a réuni au domaine de la couronne des biens de moines, elle a attaqué la maladie nationale pour guérir la plaie de la royauté; elle a réintégré le patrimoine de la couronne avec le patrimoine de la paresse ; elle a fait la cure des finances en commençant celle de la morale publique ; elle a rendu deux services à la fois à la nation napolitaine.
Lorsque Votre Majesté a aboli la féodalité et les privilèges en matière de contributions, lorsqu'elle a borné sa noblesse aux prérogatives néc^saires pour l'intéresser à la conservation de la prérogative royale, et la mettre en état d'ajouter quelque chose à l'éclat de la couronne, elle a encore attaqué le mal qui afflige son royaume: elle a rétabli l'esprit de propriété dans la nation, en dégageant la propriété des servitudes et des inégalités qui accablaient les propriétés roturières; elle l'a rétabli dans les familles nobles, en divisant entre les frères et les sœurs des biens qui étaient autrefois le |Mirlage des atnés exclusivement. Aujourd'hui, Sire, Votre Majesté abolissant les couvents qui servaient d*asiles aux filles exhérédées par la féodalité. Votre Majesté ne fera qu'assurer l'exécution de ses lois et consolider son ouvrage.