‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 42 sur 208 · SES MIEURS, SON CLIMAT, ETC · texte numérisé non relu

SES MIEURS, SON CLIMAT, ETC

plus présentable; mms c'est pour sa substance que je vous l'olire, aon pour un ornement de bibliothèque.

Si j'ai jamais la folie d'écrire sur le royaume de Napies, je dirai que la maladie de ce paysci est la paresse : le climat, la fécondité de la terre, la favorisent; ce serait une raison pour que les institutions publiques la combattissent, et , au contraire, elles aggravent le mal. Les institutions ennemies du travail dans ce pays-ci , sont : !• la féodalité elles anciens privilèges en matière d'impôts; 2-ie monachisme; S" votre système de secours publics, & hospices, d'hdfrituux, de lieux pieux. Et voilà ce que l'on a absolument méconnu ici, même le nouveau gouvernement. La féodalité a été attaquée, les [Miviléges abolis, le monachisme est entamé de manière à succomber bientôt; mais vos pré- . jugés nationaux, en matière de charité publique, n'ont seulement pas été soumis à l'examen.

€k>mme vous êtes le seul homme éclairé que j'aie eu le bonheur de connaître à Naples, je vous invite, si vous en avez le loisir, à vous appliquer à cette partie. Les chapitres v, vi et VII du livre XIV de V Esprit des iois de Montesquieu, et le chapitre xxix du livre XXIII, me paraissent dire tout ce qu'il faut pour un lionmie de tête et de savoir. Mais certainement la comparaison de ce qui se fait dans toute l'Europe pour l'administration des secours publics, les précautions que l'on prend pour qu ils ne ser\'ent pas d'aliment à la fainéantise, les moyens dont on use pour quMIs senent même à accroître la masse du travail national , seule base de la propriété publique, sont bons à étudier et à répandre^

Vous verrez plusieurs volumes rompus et liés; c'est qu'ils étaient mal reliés, et j'ai rétabli les feuilles dans leur véritable ordre.

Recevez les nouvelles assurances de mon attachement et deii^ considération la plus distinguée.

Les liommes, les femmes, tout le monde se déshabille, se couche à trois heures après midi jusqu*à six.

Les charrons, charpentiers, menuisiers, sont curieux à voir travailler. S'ils taillent une pièce de bois, ils la tiennent d'une main sur l'établi, au lieu de l'assujettir par un valet , et ne tail-

lent que de l'autre main. Souvent deux jeunes garçons tiennent la pièce avec leurs mains. L'ouvrage se fait, mais à force de temps et à force de bras.

Je suis toujours étonné de ^assiduité des valets et cochers de ce pays-ci. En deux ans , je ne crois pas qu'un valet ou un cocher se soit jamais écarté d'un quart d'heure. Ils suivent |)artout, se trouvent partout où vous êtes, restent partout où vous restez. Ils sont trente heures de suite dans l'antichambre ; ils passent cinq heures à la porte de votre loge au spectacle, dans un corridor; il ne leur faut qu'une chaise ou un banc de bois. Us arrivent, se posent, et dorment. Exigez ce service d'un Français ! En revanche, vous ferez retourner toute votre maison par un Français; vous la ferez frotter, nettoyer, meubler, démeubler en deux heures. Ici , un valet ne prend pas un balai une fois dans l'année; on fait nettoyer par un faquin, et comment nettoye-t-ou ! Les |)avés sont partout sales. On voit des tas^ d'ordures dans tous les coins; on balaye sous les chaises sans les déranger; les escaliers des plus grandes maisons sont moins prq>res que nos écuries; on p... sur les esca^ liers à tous les étages. Partout, la paresse et U| malpropreté

Entre les raisons qui sont ici pour la banque, c'est qu'elle sert à garder en dépôt l'argent des particuliers ; avantage immense dans un pays où la chaleur oblige à tenir toujours ses portes ouvertes, où l'on ne sait pas faire une serrure, où tons les valets sont voleurs à un point qu'on ne peut exprimer.

La noblesse de Naples n'a rien de noble. La France, l'amiée française présente aujourd'hui un nombre immense de nobles sans origine : la noblesse de Naples offre des origines, dejs titres de noblesse, et pas un noble.

Ce sont tous marchands d'huile et de jus de réglisse, dont aucun n'a porté les armes, dont le père, n'a pas porté les armes, ni l'aïeul ; dont les fils pleurent, pleurent à la lettre, quand on leur propose d'aller à Foggia avec une compagnie.

Ont-ils du moins de la fortune? Non; tout ce c^rps de noblesse n'a que le. titre de quelques

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