‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 67 sur 208 · RÉPONSE DE M. DE MIRABEAU, ÉCRITE PENDANT LA SÉANCE · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. DE MIRABEAU, ÉCRITE PENDANT LA SÉANCE

a Je vous réponds, mon cher Rœderer, par écrit, afin que vous puissiez montrer ma réponse. Je n'étais point à l'assemblée lorsque d'Espréménil a fait ses lubies; je suis arrivé

surrection par une malice qui n'a fait que faire rire. J'ai dit, non pas la phrase que l'on vous a répétée, mais une qui peut aisément être travestie ainsi , et dont je ne me rappelle pas les mots, mais seulement pour les gens de . mauvaise foi qui ne voudraient pas se rappeler que j'ai dit en toutes lettres, hier, que rien n'était si simple que d'avoir deux opinions dans une si grande question d'économie politique, et qui , par conséquent, voudraient douter que j'ai parlé, et surtout entendu parler, du secret de ceux qui ne veulent pas la vente des biens nationaux^ et non de ceux qui ne veulent pas d assignats..,

c( Je ne sais pas trop ce que j'écris dans ce tumulte, mon cher Rœderer; mais ce que je sais, c'est qu'il suffit que l'abbé Sieyès et vous, soyez d'un avis pour que je SQis sûr, même sans examen, que Ton peut honnêtement et raisonnablement avoir cet avis. L'abbé Sieyès est un homme de génie, que je révère et que j'aime tendrement. Je ne puis pas vous parler devons; mais j'espère qu'il est assez connu combien je vous estime et vous aime, et combien je m'en honore. Croyez, mon cher Rœderer, que, sous tous les rapports, dans Tasseinblée nationale, mon amitié sera plus sévère en votre faveur que la vôtre ne l'exigerait de moi. Et si vous trouvez cette explication aussi loyale et aussi sensible que je d^ire qu'elle le soit en effet, dites-moi bien vite que vous ne pensez plus à la fin de votre lettre, échappée à un juste moment d'humeur; et que vous serez plus fidèle à mon assignation ordinaire, demain , qu'à nos assignats. Je vous prie de commimiquerma lettre ànotre cher maître (Sieyès), si vous lui avez montré la vôtre. Vale, et me ama.

«Mirabeau l'aîné, d

RÉPONSE DE M. ROBDERBR.

« Votre billet est très-aimable. Vous êtes un très-bon guérisseur du mal que vous faites. Mais pourquoi faites-vous du mal? pourquoi user votre amabilité à compenser vos torts? pourquoi ne pas vous en réserver le mérite tout entier?

«Votre affaire vient demain \ il ne conviendrait pas que je dînasse avec vous. Décidé,

comme je le suis, à parler, s'il est nécessaire, dans celte affaire, je veux éviter tout prétexte de récusation. Les noirs m'appellent le spec^ tre de la liberté ; je veux me réserver de leur apparaître pour votre cause. »

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