RÉPLIQUE DB M. DE MIRABEAU A M. ROBDERER
0 Certainement non, ma lettre n*est pas aima* ble ; elle doit même n'être pas nette, si Te fond de mon cœur n'était pas pour vous autres si notoirement pur; car j'étais abasourdi , et de la méchanceté et du bruit; et je ne me suis pas même rappelé à temps les mots par lesquels j'ai fini, que la Marck m'a remis dans la mémoire, et qui tranchent la question; je veux dire ceci : nous avons leur avbu ; or, de qui avions-nous l'aveu, si ce n'est des noirs les plus enragés? Mon cher Rœderer, eh bon Dieu! ne nous divisons pas, pauvre si petite poignée de bons et inflexiblement bons citoyens que nous sommes. Votre scrupule est de trop sous tous les rapports, mon cher ami. i* L'affaire ne vient pas demain ; 2<» si ce ridicule et inique motif de récusation avait le sens commun . il porterait sur le jeudi de demain , comme sur tous les autres jeudis. Enfin, mon ami , j'aurais l'imagination assombrie et le cœur malade si vous ne veniez pas, vous et notre cher maître [Sieyès)y à qui j'ai envoyé un ambassadeur patricien pour toucher son cœur aristocratique, qui n'a pas pu se refuser à ce puissant magnétisme. Allez , mon cher, dites que vous viendrez, et que si vous êtes leur spectre, vous serez mon sylphe. »
M. DE MIRABEAU A M. ROBDBRBR.
« Vous souvenez-vous, mon cher Rœderer, que le scrupule de jeudi passé ne me trouva résigné que sur votre parole que le jeudi ac^ tuel verrait tout rentrer dans l'ordre accoutumé? Je vous somme de votre parole, et d'autant que nous avons bien des choses à nous dire.
« Vale^ et me ama.
• 7 octobre 1790. »
Lettre de Mirabeau à la suite de la séance du 2 octobre 1790, oûfai parlé au st^et delà Journée du 6 octobre 1789. Le Moniteur a/or/ éamrté mon discours. Je ne sais s'il est mieux dans unecnttre/euUle.
a Recevez, non pas mes remerctments, mon cher Rœderer, car je ne puis pas vous remercier d'avoir été juste, mais la tendre expression de mon amitié pour le rôle de collègue fidèle et d'ami zélé que vous avez si bien joué aujourd'hui à l'Assemblée , et mon compliment sur la manière ingénieuse dont vous avez ennobli l'étrange absence du duc d'Orléans. Il m'est très-doux de vous avoir vu vous distinguer si honorablement dans une cause qui m'intéressait, et où la tiédeur des uns et Feffervescence des autres pouvaient allanguir votre verve et gêner votre amitié. J'espère, mon cher ami, que vous voilà délivré de toute exoine , et que nous boirons ensemble jeudi du Montrachett
a Vale, et me ama,i>