‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 83 sur 208 · TURENNE · texte numérisé non relu

TURENNE

Plusieurs journaux ont parlé de l'étrange

(1) (Note de l'éditeur.) J'ai quelques motifs de penser que ce billet se rapportait à Tenvoi de la brochure intitulée Lettre d'un constitutionnel à un constitutionnel.

(2) (Note de l'éditeur. ) Ce billet se rapporte à renvoi de la Société polie. —J'ai imprimé au tome IH, page 279, une lettre importante de M. de Talleyrand à mon père. Il y a d*aulres billets du prince, mais tout à fait insignifiants.

destinée qui a placé les restes de Turenne au Muséum d'histoire naturelle , entre les pongos et les orang-outaogs. Les uns ont regardé cette translation comme un outrage fait à ce grand homme; d'autres, plus ridicules^ ont essayé de le justifier par les principes de Tégalité. En voici l'histoire :

Le citoyen Desfontaines, professeur de botanique au jardin des Plantes, passant par Saint-Denis, il y a trois ans, apprit que des autorités révolutionnaires délibéraient sur le dernier supplice et les dernières ignominies auxquelles on pourrait condamner cette momie d'aristocrate, encore trop vivante pour eux. Il se rendit au lieu du débat. Il représenta que le corps de Turenne pourrait servir à des démonstrations d'histoire naturelle; il le demanda pour le Muséum du jardin des Plantes : et voilà le héros sauvé des mains de& barbares, comme le cadavre d'un criminel est sauvé de la voirie, pour passer sous le scalpel de la chirurgie. Telle est la cause de la translation de Turenne au Muséum. Ce n^est donc point pour renseignement de l'histoire naturelle qu'il est là; c'est parce que Fhistoire naturelle l'a réclamé, quand la raison, la justice, la reconnaissance publique, l'abandonnaient; elle lui a donné asile , elle n'a pas prétendu l'avilir.

Maintenant qu'on sait comment Turenne est venu au Muséum, on demande pourquoi il y est resté, et pourquoi il y est encore?

C'est parce que les professeurs du Muséum n'ont osé offrir ces restes précieux au gouvernement; ils ont élé retenus par la crainte de manquer de respect et à Turenne, et au gouvernement même qui , ayant donné récemment des preuves non équivoques de considération pour la valeur et le talent militaires, se plaira sans doute à honorer en ce héros , les héros qui font aujourd'hui la gloire et le salut de la république.

(Journal de Paris , du 9 fructidor an iv. — 26 août 179*6.)

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