OROSMANE A ZAÏRE
Cruellement blessé, mais tropjier pour me plaindre ,
Traduction.
Donc trop fier pour montrer que je suis blessé.
Donc trop fier pour ne pas feindre.
Trop grand, trop généreux pour m* abaisser à feindre.
Traduction.
Donc trop généreux poiu* feindre et trop fier pour ne pas feindre.
Je viens vous déclarer que le plus froM mépris De vos caprices vains sera U digne prix.
DES PERSONNAGES AVEC LESQUELS L'AUTEUR A EU DES RELATIONS. 211 Traduction,
Donc je m'abaisse à feindre, car, cruellemeni blessé, je vous assure d'un froid mépris.
X..., courtisan subalterne. Y..., courtisan de première ligne. Celui-ci étudie et pénètre la passion dominante; il lui soumet tous ses principes, il Fenhardit, la caresse, la sert par tout moyen, fût-elle dangereuse et blftmable. Le premier observe les goûts accessoires, les petites habitudes; il épie les petites fantaisies, les petits caprices, et y conforme son langage, son ton, ses manières. Y..., en servant la passion dominante, se dispense de flatter les petites fantaisies; souvent même il les fronde ou s'en moque, et par ce moyen il se ménage une apparence de liberté et les honneurs de l'indépendance. X..., en se ployant à toutes les vanités, en montrant une souplesse prodigieuse dans les petites choses, se réserve de dire, mais bien secrètement, à quelques amis, sa pensée, ou plutôt la leur, sur les grandes; et il se croit en droit de prétendre aux honneurs d'une grande pureté d'ftme et de principes, si les circonstances peuvent donner du prix à ce mérite.
X..., dans ses petits soins, est servile, mais il sauve pourtant les apparences de la servilité; il a dans le maintien une certaine noblesse, et dans le langage un air de sincérité qui lui donnent de la grâce. C'est un heureux effet de sa souplesse même, qui lui permet d'être un peu ce qu'il veut paraître et de paraître ce quMl a intérêt d'être. Ne jamais hasarder une opinion en public, et chuchoter à l'oreille de diacun l'opinion qui plaît à celui qui l'entend, voilà le système qu'il a suivi dans les affaires publiques.
. X... est l'homme du monde qui a toujours le mieux connu toutes les raisons, même les raisons honnêtes, de se ranger au parti dominant. Il avait d'excellentes raisons pour être contre la cour en 1789; il en avait d'excellentes en 1805 pour être contre la république.
Y... est le courtisan des affaires; l'autre, celui des petitesses.
Y... est le courtisan du cabinet; X... le serait de la chambre : celui-ci tient le milieu entre le
lY.
directeur ou le corrupteur de conscience, et le valet de chambre pédicure.
Dans les affaires de la Révolution, X... a été muet en public, et de l'avis de tout le monde en ])articulier. U n'a pris un parti que depuis que sa fortune est assurée par la noblesse de sontiom. Dans le cours de la Révolution, pour jouer un rôle il fallait payer de sa personne et répondre de son langage. Depuis la contre-révolution, son nom, qui est ce qu'on appelle bon, sans être illustre, parait chargé seul de répondre pour son langage et pour sa personne.
ingrat : demandez à madame de...
Ignorant : faites-le causer.
Patelin et moqueur : patelin en face , moqueur le dos tourné.